Vivendi entretient le mystère sur l’utilisation de sa tirelire
Après avoir vendu GVT à Telefonica, le groupe disposera d’une force de frappe de plus de 10 milliards d’euros. Une grande acquisition ne semble pas prioritaire
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Olivier Pinaud
Mieux vaut faire envie que pitié. Après l’accord conclu en fin de semaine dernière avec Telefonica pour la vente de GVT, Vivendi va se retrouver avec l’une des situations financières les plus confortables du CAC 40. La cession de sa filiale brésilienne de télécoms va lui rapporter environ 3,5 milliards d’euros de cash, après impôts et ajustements, plus des participations au capital de Telefonica Brasil (7,4%) et de Telecom Italia (5,7%) dont la valeur de marché cumulée s'élevait la semaine dernière à 3 milliards d’euros.
Selon les calculs de Barclays, après retraitement et en supposant que le groupe s’endette à hauteur d’une fois son Ebitda, Vivendi afficherait 10,4 milliards d’euros de disponibilités. La tirelire pourrait monter jusqu’à 16,7 milliards après les cessions des participations résiduelles dans les télécoms (SFR, Telecom Italia et Telefonica Brasil) ou celles au capital de Vevo et de Spotify, le tout avec un levier d’endettement de seulement 2 fois l’Ebitda. Vivendi a prévu de retourner l’an prochain 3,5 milliards d’euros à titre exceptionnel à ses actionnaires. Ce qui lui laisserait encore une grande marge de manœuvre.
Cette cagnotte suscite des interrogations. Jusqu’à présent, Vincent Bolloré, qui préside au conseil de surveillance du groupe et à l’élaboration de sa stratégie avec 5% du capital, est fidèle à sa réputation: en dire le moins possible. L’objectif annoncé vise à transformer Vivendi, d’une holding financière en un industriel des contenus intégré, autour de Canal+ et d’Universal Music Group. Mais la méthode pour y arriver reste vague.
Des acquisitions? Avec sa tirelire, Vivendi peut prétendre à des opérations inimaginables auparavant. Le groupe britannique de télévision payante ITV, qui capitalise 11 milliards d’euros, serait dans ses cordes. Mais Vincent Bolloré n’est pas connu pour ses folies dépensières. Lors de la présentation des résultats semestriels, Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire, a d’ailleurs insisté sur la discipline financière à laquelle s’attachera la direction en matière de fusions-acquisitions.
Dans l’immédiat, la priorité semble être au développement de projets internes, en s’appuyant sur les réseaux de distribution de Telefonica (300 millions d’abonnés au total) ou de Telecom Italia ainsi que sur les plates-formes numériques (iTunes, Google, Facebook…). La direction a promis d’en dire plus sur sa stratégie prochainement… une promesse plusieurs fois repoussée.
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