Vivendi dispose de deux offres de rachat améliorées pour SFR
Le conseil de surveillance de Vivendi ne pouvait pas espérer mieux. Après trois semaines de lutte entre Numericable et Bouygues pour SFR, les quatorze administrateurs du groupe de médias examinent aujourd’hui deux offres de rachat améliorées, avec une composante en numéraire renforcée dans les deux cas.
Bouygues, qui joue la transparence sur les conditions financières de son offre, propose 11,3 milliards d’euros en numéraire, contre 10,5 milliards auparavant. En ajoutant la partie en titres, qui donnerait 43% de l’ensemble Bouygues Telecom-SFR à Vivendi, l’offre valorise SFR 15,5 milliards d’euros, un milliard de plus qu’initialement. Ce montant ne tient pas compte des synergies. Numericable aurait pour sa part ajouté 850 millions d’euros à la composante numéraire de son offre, pour la porter à 11,75 milliards, auxquels il faut ajouter les 32% du nouvel ensemble qui reviendraient à Vivendi. Soit une valorisation théorique totale proche de 16 milliards. Le câblo-opérateur ne souhaite faire aucun commentaire sur sa proposition.
Avec des composantes numéraires relativement proches, le conseil de surveillance de Vivendi se concentrera sur deux éléments pour faire son choix. D’une part, la valeur promise à terme par les participations dans le futur ensemble et sa liberté à les monétiser. Les 32% d’un groupe Numericable-SFR valent-ils plus ou moins cher que les 43% de Bouygues Telecom-SFR? Plus gros, même si à la différence de Numericable sa valorisation n’est que théorique car il n’est pas coté en Bourse, Bouygues Telecom a un léger avantage. Selon les calculs de Nomura, hors synergies, les 32% vaudraient 4,62 milliards d’euros tandis que les 43% sont valorisés 5,2 milliards avant l’augmentation de capital annoncée par Bouygues. La réalité du prix final dépendra du montant réel des synergies.
Second point crucial: la capacité de Vivendi à revendre rapidement sa participation résiduelle. Numericable a un avantage sur son concurrent non coté. Avec lui, Vivendi aurait la possibilité de céder dès la fusion et à sa main une partie de son bloc sur le marché.
Conscient de ce handicap, Bouygues a proposé une solution à Vivendi: des investisseurs financiers seraient prêts à acheter une partie des 43% détenus par le groupe de médias avant même que le nouvel ensemble ne soit introduit en Bourse. Après l’IPO, Bouygues dit avoir obtenu l’engagement d’investisseurs institutionnels d’acheter 15% du capital.
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