Vivarte doit déjà ajuster un covenant de sa nouvelle dette
La reprise de Vivarte ne s’annonce pas de tout repos pour les anciens créanciers du groupe, devenus ses premiers actionnaires lors de la restructuration de la dette. Un mois après la signature définitive de la procédure de conciliation, la chaîne de magasins de vêtements et de chaussures (La Halle, Naf Naf, Minelli…) ne respectait pas fin novembre le covenant d’Ebitda minimum attaché aux 500 millions d’euros de dette dite new money levée lors de la restructuration, a appris L’Agefi. Ce covenant est testé à la fin de chaque trimestre, sur la base d’un Ebitda annuel calculé sur douze mois glissants.
«La direction de Vivarte a demandé par anticipation un aménagement du covenant aux détenteurs de la dette new money», confirme un représentant des nouveaux actionnaires de référence, les fonds Alcentra, Babson, Golden Tree et Oaktree. L’accord ne devrait pas poser de réelle difficulté. Ces actionnaires sont aussi les principaux détenteurs de cette dette super senior. «Cette demande d’aménagement ne concerne pas le covenant attaché au niveau de liquidité de Vivarte, l’indicateur prioritaire du groupe», précise le représentant des fonds. Destinée à financer le plan de relance de Vivarte, la dette super senior apportée par les fonds actionnaires leur assure une rémunération de 4% sur l’Euribor agrémentée d’un intérêt capitalisé (PIK) de 7%. De quoi compenser partiellement les 2 milliards de dette qu’ils ont effacés.
Les covenants de la dette new money ont été définis au printemps, au moment des négociations sur la conciliation. Depuis, les résultats de Vivarte ont fortement dérapé, dans un contexte de marché dégradé pour le secteur de l’habillement en raison d’un mauvais été et d’un début d’automne trop doux pour inciter les consommateurs à s’habiller pour l’hiver. Selon une source interne, La Halle, dont l’Ebitda a viré au rouge lors du dernier exercice clos fin août, accuserait un retard de 30 millions d’euros sur son objectif d’Ebitda.
Ces difficultés inquiètent les détenteurs du solde de dette senior qui a échappé à la restructuration. Sur les 2,8 milliards d’euros de dette, seuls 780 millions ont survécu. Depuis la signature définitive de la conciliation fin octobre, la valeur de cette dette résiduelle s’est effondrée. La semaine dernière, des blocs ont été proposés à 49,33 centimes de l’euro, alors qu’elle cotait encore 85 centimes de l’euro début novembre.
Plus d'articles du même thème
-
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi. -
L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance. -
« Les valorisations japonaises restent raisonnables, nettement inférieures à celles du marché américain »
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Une « nécessité stratégique » : depuis la Normandie, Pete Hegseth appelle les pays européens à en faire plus pour leur sécurité
« L’Europe doit être la première à assurer sa défense conventionnelle », a indiqué le secrétaire américain à la Défense, depuis la Normandie, où il assistait aux commémorations du débarquement du 6 juin 1944 -
Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine refuse l’invitation pour une rencontre faite par Volodymyr Zelensky
Vladimir Poutine a retoqué la demande de Volodymyr Zelensky, qui proposait un cessez-le-feu complet pendant de nouvelles discussions sur le conflit, avec un échange de tous les prisonniers de guerre -
Bernadette Chirac, ancienne première dame, est décédée à l’âge de 93 ans
L’épouse de Jacques Chirac est décédée à l’âge de 93 ans, vendredi 5 juin. Après avoir vécu dans l’ombre de son mari lorsqu’il était ministre, Premier ministre et président de la République, elle l’a représenté dans les dernières années de sa vie