Vincent Bolloré affirme son pouvoir sur le Groupe Canal +
A la tête d’environ 15% du capital, Vincent Bolloré poursuit patiemment sa prise de contrôle sur Vivendi et ses différentes filiales. Le conseil de surveillance du Groupe Canal + doit annoncer aujourd’hui le départ de Bertrand Meheut de la présidence du directoire du groupe de télévision, poste qu’il occupait depuis 2003. Jean-Christophe Thiery, actuel PDG de Bolloré Média, devrait prendre sa place. Et pour renforcer un peu plus son pouvoir, Vincent Bolloré devrait s’asseoir à la présidence du conseil de surveillance du Groupe Canal +, jusqu’ici assurée par Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi.
Hier soir, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes à l’occasion de l’annonce des résultats semestriels de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine n’a pas souhaité faire de commentaires sur ce sujet, confirmant simplement la réunion du conseil de surveillance de Groupe Canal +. «Nous continuons de penser que nous pouvons créer de la croissance avec Canal+», a-t-il ajouté, reconnaissant implicitement sa perte de vitesse. Le groupe Canal + dans son ensemble, comprenant la chaîne premium, Canalsat et Canalplay, perd des abonnés en France: 117.000 abonnements en moins entre juin 2014 et juin 2015, à 9,3 millions. Le chiffre d’affaires des activités de télévision payante en France, qui représentent 62% des revenus du groupe Canal +, a cédé 1,2% à 1,71 milliard d’euros.
Depuis les cessions de SFR, de GVT et d’Activision-Blizzard, le Groupe Canal + est devenu le nouveau centre de gravité de Vivendi, avec Universal Music Group. En plaçant l’un de ses hommes à sa tête, Vincent Bolloré veut disposer d’un relais en mesure d’assurer une plus grande intégration du Groupe Canal + dans Vivendi, la chaîne de télévision ayant toujours bénéficié dans le passé d’une grande autonomie vis-à-vis de sa maison mère.
Si Arnaud de Puyfontaine a rappelé hier la capacité de Vivendi à réaliser des acquisitions, grâce à une trésorerie nette de 8,9 milliards d’euros à fin août, il a ajouté que le groupe avait aussi du temps devant lui. Lors de l’assemblée générale du printemps, Vincent Bolloré avait insisté sur la nécessité de créer des synergies entre les différents actifs du groupe. Dans ce cadre, Vivendi a indiqué hier avoir engagé des discussions informelles avec Telecom Italia, dont il détient 14,9% du capital, pour envisager différentes collaborations.
Plus d'articles du même thème
-
TPT devient le deuxième superfund britannique à passer l'évaluation du régulateur
TPT Retirement Solutions a levé du capital pour reprendre des régimes de retraite à prestations définies dont l'employeur historique souhaite se défaire. -
Emmanuel Macron était à Doha pour le sommet du Club des fonds souverains pour la planète
Ce point d’étape dans l’agenda du président français a été l’occasion de réaffirmer les engagements des participants pour répondre aux défis structurels de l’économie mondiale. -
Le marché de l’assurance appréhende un nouveau week-end de troubles
Alors que de nouvelles mobilisations contre la vie chère se profilent le week-end du 24 octobre malgré l’interdiction de manifester dans certaines villes, les assureurs ne veulent pas avoir à gérer les conséquences de nouveaux débordements. Le caractère répétitif, simultané et concentré des dommages pouvant conduire à l’inassurabilité de ces risques.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime » -
Chasse aux sorcières« Du maccarthysme à l’ancienne » : comment la rhétorique de Lecornu fait les affaires de Mélenchon
A force de voir l’ombre de LFI partout, sans jamais reconnaître ses propres manquements, le chef du gouvernement achève de dresser toute la gauche contre lui -
EditorialFermeté de la justice avec les émeutiers : assez de cris d’orfraie !
Les mêmes qui s’indignent immanquablement des attaques contre les « juges rouges » sont tout à coup bien prompts à accréditer l’idée d’une justice aux ordres