Vilmorin se pose en repreneur naturel des semences de Syngenta
Vilmorin est face à une occasion rare. Syngenta a décidé la semaine dernière de mettre en vente sa division de semences potagères, numéro deux mondiale du secteur avec environ 15% du marché. Au coude-à-coude avec le groupe suisse dans ce domaine, Vilmorin aurait la possibilité, s’il venait à mettre la main sur ces actifs, de prendre la place de numéro un mondial à l’américain Monsanto, crédité d’environ 20% de parts de marché. Contactée par L’Agefi, la direction de Vilmorin n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Lors de la présentation fin juillet du chiffre d’affaires annuel du groupe, Daniel Jacquemond, son directeur financier, avait reconnu que le groupe pourrait «se positionner le moment venu».
La mise en vente des semences potagères de Syngenta n’est pas une réelle surprise. En cas de rachat par Monsanto, l’activité aurait pu faire partie des actifs à céder pour se conformer aux demandes éventuelles des autorités de la concurrence. La division est en perte de vitesse et ne faisait plus partie des priorités stratégiques de Syngenta, le groupe suisse préférant se concentrer sur les semences de grandes cultures (blé, maïs…). John Ramsay, le directeur financier de Syngenta, a indiqué que l’activité de semences potagères pourrait être vendue entre trois et six fois son chiffre d’affaires annuel, qui se situe à 650 millions de dollars (579,1 millions d’euros). Sur la base d’un multiple de 20 fois le résultat d’exploitation (Ebit), relativement classique pour ce secteur, les analystes de CM-CIC Securities évaluent pour leur part la valeur d’entreprise de la division à environ 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros).
La structure financière de Vilmorin ne permettrait pas d’absorber une acquisition d’une telle ampleur. Sa dette nette, de 490 millions d’euros, représente 1,6 fois l’Ebitda. Lors d’une conférence avec les analystes début juin, la direction financière de Vilmorin avait estimé à environ 500 millions d’euros la capacité de financement supplémentaire du groupe. Pour aller plus loin, Vilmorin devrait donc faire appel à ses actionnaires. Le producteur de semences a déjà procédé à une augmentation de capital de 200 millions d’euros en 2010 avec le soutien de son actionnaire majoritaire, la coopérative Limagrain, elle-même appuyée par le FSI devenu Bpifrance.
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