Valorisé plus de 3 milliards de livres, Royal Mail rejoint la Bourse
Royal Mail fait son entrée ce matin à la Bourse de Londres. Le prix de l’offre ressort à 330 pence par action, en haut de la fourchette indicative qui s’établissait de 260 à 330 pence. Ce niveau valorise les services postaux britanniques à 3,3 milliards de livres (3,8 milliards d’euros). L’offre porte sur 521,7 millions de titres, représentant 52,2% du capital. L’Etat britannique devrait retirer 1,98 milliard de livres de cette privatisation, la plus importante outre-Manche depuis celle de British Gas (option de surallocation comprise).
Londres conservera 37,8% du capital à l’issue de l’opération, voire 30% avec l’option de surallocation. 67% des titres ont été alloués à des investisseurs institutionnels, tandis que les particuliers obtiendront les 33% restants. Ces derniers ont donc «gagné» 3 points de pourcentage supplémentaires sur la répartition initialement prévue. Alors que quelque 700.000 demandes de titres ont été exprimées par des particuliers, tous ceux qui ont demandé 10.000 livres ou moins en titres Royal Mail recevront 227 actions, soit l’équivalent de 749,10 livres, a indiqué le ministère du Commerce. En revanche, ceux qui se sont montrés plus gourmands en réclamant plus de 10.000 livres de titres, soit environ 5% des demandeurs, n’auront rien.
L’offre a donc remporté un succès éclatant - sursouscrite plus de vingt fois par les institutionnels et environ sept fois par les particuliers - soulevant ici et là des critiques sur la gestion du dossier par le gouvernement. Le porte-parole du parti travailliste chargé des questions d’entreprise, Chuka Umunna, a ainsi estimé que les contribuables étaient «roulés dans la farine» et que les fonds alternatifs profitaient d’une «aubaine». Quant aux salariés, ils recevront 100 millions d’actions gratuites. Les données d’IG Markets tirées de l’activité des clients au cours des dernières semaines sur le marché gris font ressortir un prix médian de 406 pence, soit un gain de 23% par rapport au prix de l’offre.
Devant cet élan populaire, certains espèrent un avenir radieux pour les banques nationalisées promises à la Bourse. Cité par le Guardian, Richard Hunter, responsable actions chez Hargreaves Lansdown, souhaite ainsi que «le gouvernement voie là l’opportunité d’approfondir la culture d’épargne et d’investissement du peuple britannique et attribue une part significative des privatisations futures aux investisseurs individuels».
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