Vallourec engage un violent mouvement de contraction
Moins d’effectifs, moins d’investissements mais toujours autant de dividende. Alors qu’il s’engage dans une phase de contraction, le fabricant de tubes en acier sans soudure pour l’industrie pétrolière et gazière maintient à 0,81 euro par action son dividende, soit un montant total de l’ordre de 125 millions d’euros, couvert par le flux de trésorerie.
«Il n’est pas illégitime de distribuer une partie du cash-flow aux actionnaires qui nous ont accompagnés et qui ont déjà subi des baisses de dividendes», défend Philippe Crouzet, le président du directoire de Vallourec. Le dividende avait baissé de 1,3 à 0,69 euro par action entre 2011 et 2012, avant de remonter en 2013 à 0,81 euro.
«Il est important d’envoyer un message positif au marché», insiste Philippe Crouzet qui a fait de «la création de valeur la priorité» du groupe. Avec les sacrifices que cela impose. Le plan d’économies de 350 millions d’euros en année plein d’ici à 2017, qui entraînera la suppression de 1.400 emplois dans le monde, soit 7% des effectifs totaux, «doit nous permettre d’absorber les chocs actuels mais surtout de restaurer notre compétitivité», lance le président du directoire.
La diminution des investissements, dont l’enveloppe annuelle tombera à 350 millions d’euros, 100 millions de moins qu’auparavant, résulte aussi d’une plus grande discipline financière. Contrecarré par la crise, le précédent plan d’investissement de Vallourec n’a pas été totalement couronné de succès. Environ la moitié des 1,1 milliard d’euros de dépréciation d’actifs confirmée hier concerne VSB, la filiale brésilienne du groupe, qui comprend notamment la coentreprise avec Nippon Steel & Sumitomo Metal. Lancé en 2011, cet investissement de 1 milliard de dollars était censé répondre à la croissance mondiale. La chute du marché l’a pris à revers.
Vallourec cherche à s’ajuster à un marché de l’énergie en mutation, encore plus chamboulé par la chute de moitié des cours du pétrole depuis juin 2014. «Il s’agit d’un vrai test pour le marché américain des hydrocarbures non conventionnels qui connaît là son premier retournement de cycle», explique Philippe Crouzet. L’objectif ultime du plan vise à ce qu’en 2018 les capitaux employés rapportent plus qu’ils ne coûtent. Cela n’a plus été le cas pour Vallourec depuis 2010. Et pour y arriver, le dirigeant se dit prêt à frapper «encore plus fort s’il le faut, sans tabou».
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.