Un rapport préconise une réforme des IPO et des privatisations britanniques
Plus de douze mois après l’introduction en Bourse de Royal Mail, la privatisation de l’opérateur postal britannique continue de faire couler de l’encre. Mandaté par le gouvernement, Paul Myners, ancien ministre du Trésor, a rendu hier un rapport préconisant une réforme de la procédure d’IPO outre-Manche notamment afin d’offrir plus de souplesse lors de la fixation du prix.
Deux mois après sa cotation, l’action Royal Mail s’était envolée de 86% par rapport à son prix d’introduction, ce qui avait nourri de vives critiques sur la qualité de la procédure. Avec plus de souplesse, le rapport estime que la fourchette aurait pu être relevée d’un peu moins de 10%, sans compromettre la réussite de l’opération, ce qui aurait ajouté entre 120 et 180 millions de livres dans les caisses de l’Etat.
Confirmant les conclusions d’un rapport publié en juillet par le National Audit Office, Paul Myners explique que «le mécanisme standard de la constitution d’un livre d’ordres utilisé lors de la privatisation de Royal Mail a montré ses limites dans le cas d’un afflux d’ordres massifs dans le haut de la fourchette lors des premiers jours de sa constitution». Pour ne pas prendre de risque, les banques avaient recommandé à l’Etat de ne pas relever la borne haute de la fourchette, ce qui était de toute façon compliqué à mettre en pratique compte tenu de l’offre au public ouverte en parallèle.
Pour éviter de nouvelles déconvenues de ce type, le rapport de Paul Myners recommande plusieurs évolutions générales: publier le prospectus le plus tôt possible afin de faciliter l’éducation des investisseurs; élargir le nombre de notes de recherche; supprimer la règle actuelle dite de blackout qui interdit la publication de notes dans les premiers jours de la cotation ; ou bien encore utiliser des enchères numériques pour éviter le phénomène des ordres gonflés.
Concernant les opérations de privatisation, le rapport préconise l’utilisation d’une procédure en deux temps: d’abord un prospectus sans indication de prix suivi d’une note avec la fourchette. Ce mécanisme est utilisé en France dans les IPO. Il propose aussi un élargissement de l’amplitude de la fourchette de prix. Les cessions de titres par l’Etat pourraient également se faire en deux temps, d’abord une petite part suivie d’un placement plus large. Enfin, le rapport appelle à plus de transparence lors de la constitution du livre d’ordres.
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