Ubisoft arbitre favorablement entre Schuldschein et EuroPP
Après deux EuroPP, l’un de 20 millions d’euros fin 2012 suivi de 40 millions mi-2013, Ubisoft franchit un nouveau cap en matière de désintermédiation de sa dette. L’éditeur de jeux vidéo a placé 200 millions d’euros à 5 ans sur le marché allemand de la dette privée. «Le Schuldschein était plus compétitif en termes de conditions financières qu’un EuroPP», reconnaît Alain Martinez, le directeur financier d’Ubisoft. 50 millions d’euros ont été placés à taux fixes et 150 millions avec un coupon variable.
Le coût de financement moyen à l’émission s’élève à 1,8%, un niveau que le groupe aurait certainement eu du mal à obtenir sur le marché de l’EuroPP. Légèrement plus longs, 6 ans et 5 ans et demi, les EuroPP de 2012 et 2013 portent des coupons de 4% et 3%.
La baisse des taux et l’évolution favorable des spreads depuis 2013 ont nécessairement joué dans la fixation des coupons du Schuldschein par rapport aux précédents EuroPP. Mais d’autres éléments expliquent cette différence de compétitivité. «L’écart de prix entre EuroPP et Schuldschein a tendance à se combler. Mais le marché allemand dispose d’une base d’investisseurs plus large et plus diversifiée, avec des investisseurs asiatiques par exemple. Cela lui permet de bénéficier de liquidités plus abondantes», indique Frédéric Catelon, managing director global capital markets à la Société Générale, qui a arrangé le Schuldschein d’Ubisoft avec Commerzbank.
11,5 milliards d’euros ont ainsi été levés sur le marché allemand de la dette privée en 2014, soit près de 3 fois plus que sur l’EuroPP dont les origines sont beaucoup plus récentes que celles du Schuldschein. Cette profondeur a permis à Ubisoft de doubler la taille finale de son placement par rapport à ses ambitions initiales.
«Fin mars, Ubisoft affichera une situation de trésorerie positive. Ces nouveaux fonds serviront à financer des investissements internes et des acquisitions», indique Alain Martinez. «Nous n’avions pas la nécessité d’obtenir une maturité plus longue. Notre objectif, lors d’une acquisition, est d’assurer le retour sur investissement de l’opération en moins de cinq ans», ajoute le directeur financier de l’éditeur de jeux vidéo.
{"title":"","image":"82051»,"legend":"Placements priv\u00e9s. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart. -
Carmignac recrute Frédéric Jeanmaire pour muscler sa gestion actions
Le gestionnaire indépendant renforce sa présence à Londres et prépare un nouveau fonds européen. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Amitiés socialistes« Avant d’avoir la force de frappe de la Fondation Jean-Jaurès, il va falloir se réveiller » : Jean-Marc Ayrault souhaite bien du courage au nouveau think tank du PS
A la tête de la Fondation Jean-Jaurès, l’ancien Premier ministre s’étonne de ne pas avoir été associé à la création de « Noûs », nouveau laboratoire d’idées lancé par le PS -
Terrain minéProgrammation militaire : le Sénat adopte un texte amputé de son volet financier
Les sénateurs ont approuvé une version du texte privée de son article phare, otage des divisions entre le gouvernement et la droite sénatoriale. Une commission mixte paritaire tranchera d’ici fin juin -
Croissance en berne : la Banque de France va revoir ses prévisions 2026 à la baisse
Ce mardi, le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a annoncé que la croissance prévue pour 2026 devrait être inférieure à 0,9 %