Trafigura opère une recomposition massive de son capital
Avec toute la discrétion qui le caractérise, le géant des matières première Trafigura fait sa révolution de l’intérieur. Selon des données compilées par Reuters, le groupe helvétique a dépensé près de 2 milliards de dollars (1,46 milliard d’euros) en rachats d’actions au cours des trois dernières années afin d’offrir une sortie à ses actionnaires historiques et de réallouer des titres à une nouvelle génération.
De 357 millions de dollars en 2011, ces opérations sont passées à 787 millions l’année suivante. En 2013, le curseur a atteint 855 millions de dollars, ou 17% de fonds propres estimés à 5 milliards de dollars. Il s’agit donc d’une évolution majeure pour le groupe qui, au lieu de choisir la voie de la Bourse, devrait poursuivre le mouvement et débourser 1,5 milliard de dollars supplémentaires jusqu’en 2017.
«Nous avons engagé des rachats d’actions pour deux raisons. Premièrement, il s’agit de permettre le départ d’actionnaires employés par la société, et deuxièmement, de rééquilibrer les participations des collaborateurs actuels afin d'éviter des concentrations non désirées de capital (...)», explique un porte-parole de Trafigura. Quasiment tous les dirigeants historiques, c’est-à-dire ceux présents en 1993, ont abandonné leurs fonctions exécutives. Selon les comptes 2013 de Trafigura, aucun actionnaire ne détient plus de 5% du capital, sauf l’emblématique Claude Dauphin. Le président-directeur général du groupe contrôle «moins de 20%».
Les actions restantes sont entre les mains de 700 cadres seniors de l’entreprises. Parmi eux figurent encore des combattants de la première heure : Eric de Turckheim, qui a travaillé dans les années 1980 avec Claude Dauphin chez le trader américain Marc Rich, Graham Sharp, Daniel Posen ou encore Mark Crandall.
Si l’on tient compte des rachats programmés jusqu’en 2017, la société aura ainsi bousculé plus des deux tiers de son actionnariat en six à sept ans, sur la base de remboursements de participations à la valeur du bilan. «Cela ressemble très fortement à un modèle de Goldman Sachs à l’ancienne», souligne une source industrielle citée par Reuters. La banque de Wall Street a capitulé en 1999 pour aller en Bourse mais du côté de Trafigura, on défend fermement les mérites de l’entre-soi.
Plus d'articles du même thème
-
Oracle signe un trimestre record mais la facture de l'IA inquiète
Le spécialiste des logiciels a publié des résultats supérieurs aux attentes mais l'ampleur de ses dépenses dans l'intelligence artificielle inquiète les investisseurs qui sanctionnent l'action. -
DWS va créer un hub à Madrid pour soutenir sa stratégie d'automatisation et d'IA
DWS, le gestionnaire d’actifs de la Deutsche Bank basé à Francfort, crée un hub dédié aux technologies et aux opérations à Madrid afin d’accélérer l’adoption de l’automatisation et de l’IA au sein de son organisation, rapporte Financial News. -
L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Une consultation sur l’éligibilité de certains actifs a été lancée. L’autorité pourrait faire évoluer sa lecture stricte des règles européennes.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Nouveaux bombardements américains contre l'Iran, Téhéran annonce des ripostes
Les États-Unis ont mené jeudi 11 juin de nouveaux bombardements contre l'Iran. Téhéran a annoncé des ripostes, menaçant de cibler des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn ainsi que tout navire s'aventurant dans le détroit d'Ormuz -
Carton rougeLa Coupe du monde de football, vitrine de l’attractivité déclinante des Etats-Unis
Les conditions d’accueil des supporters étrangers, la politique tarifaire pratiquée par la FIFA et le coût des transports pourraient freiner les retombées commerciales de la compétition sportive -
TargetUkraine : « Aucun signe ne laisse penser que Poutine a changé ses objectifs »
« La Russie est en difficulté » mais il est trop tôt pour dire si la guerre est arrivée à un tournant, selon le ministre estonien des Affaires étrangères