Toyota compense la dilution provoquée par ses nouvelles actions de long terme
L’opposition de plusieurs grands fonds de pension étrangers n’y aura rien fait. Toyota a fait voter hier lors de l’assemblée générale de ses actionnaires le dispositif permettant la création d’une nouvelle catégorie d’actions dites de long terme car non cotées et non cessibles avant 5 ans. La résolution a été adoptée à 75%, assez nettement au-dessus de la majorité nécessaire des deux tiers.
Le Canada Pension Plan Investment Board ou le California State Teacher’s Retirement System, notamment, se plaignaient de ne pas pouvoir participer à ce plan réservé aux investisseurs japonais. Le proxy advisor Glass Lewis avait pour sa part recommandé de voter en faveur de ces nouvelles actions car elles fourniront à Toyota un supplément de flexibilité.
La direction du groupe japonais a justifié son initiative par sa volonté d’appuyer sa stratégie d’innovation à long terme, notamment dans le développement de véhicules électriques, et par sa volonté d’accroître le poids des actionnaires particuliers dans son capital. Les petits porteurs détiennent 10,5% des actions du constructeur automobile, deux fois moins que la moyenne de 20% pour les entreprises japonaises cotées.
Le groupe va émettre au total 150 millions d’actions baptisées Model AA, du nom de son premier modèle de voiture de tourisme. Cela représente un peu moins de 5% de son capital en circulation. Leur prix d’émission sera supérieur de 20% au cours de l’action cotée, en échange de la garantie de pouvoir les revendre au prix d'émission. Les actions Model AA pourront aussi être échangées à terme contre des actions ordinaires. Elles disposeront des mêmes droits de vote et permettront de percevoir un dividende offrant un rendement de 0,5% la première année pouvant être augmenté jusqu’à 2,5% au bout des 5 ans.
Toutefois, pour compenser la dilution créée par l’émission de ces nouvelles actions, Toyota s’est engagé à racheter le même nombre d’actions que la première vague de nouveaux titres émis, pour un montant pouvant atteindre 600 milliards de yens (4,31 milliards d’euros). Si d’autres sociétés japonaises sont tentées de suivre la voie ouverte par Toyota, elles devront disposer d’un bilan suffisamment solide pour compenser l’effet dilutif et atténuer l'éventuel mécontentement de leurs actionnaires étrangers.
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse