Teva s’offre des relais de croissance avec les génériques d’Allergan
A défaut de mettre la main sur Mylan, le laboratoire israélien Teva Pharmaceutical vient de s’offrir l’activité génériques d’Allergan pour 40,5 milliards de dollars (36,5 milliards d’euros). Il versera 33,75 milliards de dollars en numéraire et les 6,75 milliards restants en actions Teva, donnant une participation de moins de 10% du capital.
L’opération sera relutive d’au moins 10% sur le bénéfice par action 2016, et permettra de dégager 1,4 milliard de dollars de synergies de coûts et d’économies d’impôts par an, à compter de la troisième année. Teva est conseillé par Barclays et Greenhill.
Ce rachat «renforce notre stratégie, accélère la croissance et diversifie nos revenus à la fois en termes de produits et de répartition géographique», se félicite Erez Vigodman, directeur général de Teva. Il permet notamment au groupe d’améliorer ses canaux de distribution et d’entrer sur le marché indien. En revanche, l’accord ne comprend pas le programme de développement des biosimilaires (générique d’un médicament biologique). Une déception pour les analystes. En attendant, Teva trouve des relais de croissance, alors qu’il doit faire face à une concurrence accrue sur Coxaprone, son traitement de la sclérose en plaques, qui a représenté l’an dernier 4,2 milliards de dollars de ventes, soit 21% du chiffre d’affaires du groupe, et la moitié de ses 3 milliards de bénéfice net.
Déjà numéro un mondial des génériques, Teva va entrer dans le club des dix plus gros laboratoires pharmaceutiques. Le nouvel ensemble devrait dégager 26 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016 (dont 11 milliards hors des Etats-Unis), pour environ 9,5 milliards d’Ebitda (dont 2,7 milliards apportés par les génériques d’Allergan) et 6,5 milliards de cash flow libre. Cette forte génération de trésorerie permettra à Teva de se désendetter rapidement, tout en lui donnant la capacité de réaliser de nouvelles acquisitions. Le laboratoire israélien se donne pour priorités les traitements des troubles du mouvement et des maladies neurodégénératives, mais aussi les thérapies pour les maladies respiratoires, contre la douleur et les migraines.
Parallèlement, Teva a retiré son offre d’achat de 40,1 milliards de dollars, moitié en numéraire, moitié en titres, sur Mylan. Ce dernier, farouchement opposé à cette offre hostile, avait choisi de se défendre en lançant une offre sur l’irlandais Perrigo, qui refuse également de se faire racheter. L’action Mylan a plongé hier.
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