Tereos se voit en prédateur dans la consolidation du secteur sucrier brésilien

Avec une flexibilité financière renforcée, le groupe coopératif n’est pas sous pression pour faire coter sa filiale Tereos Internacional à Paris
Yves-Marc Le Reour

Spécialisé dans la première transformation de la betterave, de la canne à sucre et des céréales, Tereos a nettement renforcé sa flexibilité financière au cours de son exercice finissant au 30 septembre 2010. Le groupe coopératif agro-industriel, qui présentait vendredi ses résultats annuels, affiche pourtant un endettement net de 1,95 milliard d’euros, en hausse de 15,5% d’une année sur l’autre, en raison d’investissements dans des unités de production au Brésil, de l’acquisition du groupe Quartier Français à la Réunion, et «d’une hausse de 115 millions de son BFR due à une revalorisation du coût des stocks».

Mais son endettement net sur capitaux propres a diminué de 104% à 90% sur la période, tandis que son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation ajusté (EBE), servant de base à des covenants bancaires «largement respectés», a reculé de 3,83 fois à 3,28 fois grâce à une progression de 35,2% de l’EBE annuel à 595,6 millions. De plus, les négociations bien avancées concernant la cession des actifs non sucriers de Quartier Français contribueront à faire baisser cette dette au cours des prochains mois.

Enfin, la renégociation à l’été dernier d’un milliard d’euros de lignes de crédit syndiquées sur sa dette européenne, ainsi que le refinancement «en cours de finalisation» de 560 millions de dollars de dette chez Guarani (actifs canniers brésiliens), repoussent de 2012 à 2014 ses premières échéances significatives de remboursement, indique Alexis Duval, directeur financier et directeur international du groupe.

Fort de sa structure de bilan et de son partenariat stratégique avec Petrobras qui a investi 725 millions d’euros dans Guarani, Tereos se voit donc davantage en prédateur qu’en cible dans la consolidation de l’industrie de la canne qui s’accélère au Brésil, avec l’intérêt grandissant de groupes pétroliers (Shell, BP…) et de multinationales de l’agrobusiness (Glencore, Noble, Bunge, Dreyfus…). Si une cotation parisienne est toujours prévue pour sa filiale Tereos Internacional introduite en Bourse à San Paolo en août dernier, l’opération, qui «dépendra des conditions de marché», sera accompagnée d’une augmentation de capital «servant à renforcer les fonds propres et non à financer la croissance externe», souligne Alexis Duval.

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