Telenet utilise l’effet de levier pour récompenser ses actionnaires
Telenet choisit «d’optimiser son bilan» afin de pouvoir mieux rémunérer ses actionnaires. Compte tenu «de conditions actuellement favorables sur les marchés du crédit», le câblo-opérateur belge, filiale de l’américain Liberty Media, a lancé hier un emprunt obligataire en deux tranches, l’une de 400 à 500 millions d’euros à 10 ans (coupon de 6,4%) et l’autre de 200 à 300 millions d’euros à 12 ans, en renonçant finalement à émettre une souche en dollars, croit savoir Bloomberg qui se réfère à une source proche du dossier. Ceci contribuera à allonger la maturité moyenne (7 ans actuellement) d’une dette brute de 2,9 milliards d’euros, dont 1,3 milliard de dette obligataire à haut rendement.
Cette dette supplémentaire de 700 millions d’euros est destinée à financer le rachat d’au maximum 20,7 millions d’actions au prix unitaire de 35 euros, soit 18,2% de son capital. Le groupe souligne que ce nouveau programme de rachat d’actions remplace le précédent plan de 50 millions d’euros réalisé à hauteur de 91%. Il vise désormais un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) d’environ 4,5 fois contre une fourchette de 3,5 à 4,5 fois auparavant ciblée. Fitch a dégradé dans la foulée de «BB+» à «BB» la note de la dette senior du câblo-opérateur, Moody’s laissant sa note Ba3 inchangée.
Cette augmentation de l’effet de levier laissera à Telenet «une marge de manœuvre suffisante sur ses covenants bancaires» qui prévoient un ratio maximum de 6 fois d’ici à 2015. Ce ratio «devrait redescendre à environ 3 fois en 2015 si l’ensemble du cash flow libre est utilisé au remboursement de la dette», ajoute le groupe. Comme le notent les analystes de KBC Securities, «cette annonce signifie que le groupe a renoncé à se porter acquéreur de Base», troisième opérateur mobile du pays mis en vente par le néerlandais KPN.
Liberty Media devrait largement bénéficier de cette réorganisation financière, puisqu’il n’a pas l’intention d’apporter ses actions à cette offre qui sera suivie d’une annulation des titres. Sa participation passera de 50% à 61,2% du capital si l’ensemble des autres actionnaires répond positivement à l’offre. Le prospectus de l’opération sera déposé courant septembre auprès des autorités boursières et financières belges, sous réserve du succès de sa levée obligataire. L’action a terminé sur un gain de 2,1% à 35,3 euros hier.
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