Telekom Austria paie trois fois plus cher que prévu ses nouvelles fréquences mobiles
Telekom Austria (TKA) a choisi de renforcer sa position concurrentielle à moyen terme au prix d’une fragilisation de sa structure financière. L’opérateur autrichien a dû débourser 1,03 milliard d’euros pour élargir le spectre de ses fréquences mobiles, une étape indispensable au maillage renforcé de son réseau à très haut débit (4G).
«La bonne nouvelle est l’absence confirmée de nouvel entrant et l’achat par TKA de la moitié des fréquences globales mises aux enchères», soulignent les analystes de Citigroup. En contrepartie, le rachat de ces fréquences s’est effectué à un coût «nettement supérieur à la fourchette de 300 à 450 millions d’euros attendue par le consensus des analystes». L’action a terminé la séance sur une baisse de 5,7% à 5,9 euros sur le marché viennois.
Les analystes de Deutsche Bank relèvent que l’ex-opérateur historique «double le volume de ses fréquences disponibles, contre une augmentation de 18% pour T-Mobile Austria, filiale de Deutsche Telekom, et une diminution de 16% des fréquences disponibles post-adjudication pour le consortium H3G (Hutchinson)». Ce dernier n’a remporté aucune enchère dans la bande de fréquence de 800 Mhz, très utile pour déployer plus efficacement la 4G.
Mais cette victoire de TKA va considérablement alourdir sa structure de bilan. Ayant précisé qu’il financerait ce rachat grâce à sa trésorerie disponible et à de nouvelles lignes de crédit, le groupe devrait voir son endettement net atteindre 3 fois son excédent brut d’exploitation, sur la base d’une comptabilisation en fonds propres de la moitié de sa dette hybride par les agences de notation, contre un peu plus de 2 fois avant cette opération.
S’il a exclu toute augmentation de capital à brève échéance, le président du directoire Hannes Ametsreiter a reconnu être en discussion avec les agences concernant sa note de crédit (actuellement BBB chez S&P et Baa1 chez Moody’s), qui pourrait être mise sous pression. Pour Citigroup, l’opérateur «devra envisager des cessions d’actifs, principalement ses activités en Biélorussie, ou procéder à un appel au marché d’environ 500 millions d’euros pour alléger son levier opérationnel».
Le seul véritable gagnant de ces nouvelles enchères en Europe est «le gouvernement autrichien qui a structuré le processus afin de maximiser les recettes induites», en concluent les analystes de Barclays.
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