Telecom Italia lance une obligation convertible et met en vente sa filiale argentine
Marco Patuano, le nouveau directeur général de Telecom Italia, a lancé hier soir l’opérateur de télécoms italien dans une restructuration tous azimuts. L’opération se fera en plusieurs étapes. Le groupe lance dès ce matin une émission d’obligations convertibles pour un montant qui pourrait atteindre 1,3 milliard d’euros. Une partie de ces titres, d’échéance novembre 2016, sera convertie en actions ordinaires et une autre partie en titres dits de «préférence». Leur coupon sera compris entre 5,75% et 6,50% avec une prime de conversion qui devrait être arrêtée entre 20% à 25% par rapport au prix de référence fixé aujourd’hui. Les modalités précises seront annoncées dans la matinée.
Cette première opération d’urgence permettra de gagner un peu de temps mais ne suffira pas à régler les questions financières de Telecom Italia. Alors que son Ebitda a encore cédé 7% au troisième trimestre, notamment en raison du poids de plus en plus important des activités sud-américaines moins rentables que celles en Italie, l’opérateur supporte encore 28,23 milliards d’euros de dette nette. Celle-ci devrait s’élever à 27 milliards en fin d’année, soit près de 2,5 fois l’Ebitda estimé. Au cours des neuf premiers mois de l’exercice, son cash-flow opérationnel a diminué de 20% par rapport à son niveau de l’an dernier et il est désormais insuffisant pour couvrir les investissements et les sorties financières.
D’autres mesures, plus radicales, vont donc suivre, la cession de la filiale argentine figurant ainsi au programme. En 2014, d’autres actifs seront vendus, comme les tours de diffusion en Italie et au Brésil ou les activités dans les médias. Au total, avec l’obligation convertible, Telecom Italia compte récupérer 4 milliards d’euros en deux ans. L’objectif est de réduire le ratio de levier à 2,1 fois l’Ebitda fin 2016.
En revanche, Marco Patuano compte ardemment sur la croissance de la filiale de téléphonie mobile au Brésil pour contribuer à redresser le groupe. Ce plan est soutenu par Telefonica. Lui-même contraint par sa dette, le nouvel actionnaire de référence de Telecom Italia, avec potentiellement un peu plus de 15% de son capital, ne pouvait pas injecter de nouveaux fonds pour recapitaliser l’opérateur italien.
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