Telecom Italia entend profiter de l’agitation dans les télécoms brésiliens
La barre aurait été fixée à 13 milliards d’euros. Selon Bloomberg, en dessous de ce prix, Telecom Italia ne serait pas prêt à discuter de la vente de sa filiale de télécoms brésilienne Tim Participacoes. L’opérateur italien contrôle 67% du capital de Tim, le solde étant coté en Bourse.
Le prix désiré valoriserait la totalité de l’actif près de 20 milliards d’euros, soit 11 fois son Ebitda, multiple de prix qu’a accepté de payer Telefonica pour GVT, la filiale brésilienne de Vivendi. Telecom Italia n’a pas fait de commentaire.
Devancé le mois dernier par Telefonica pour le rachat de GVT, Telecom Italia avait assuré vouloir rester au Brésil, pays qui a longtemps constitué sa principale source de croissance. Mais la tendance a commencé à s’inverser dernièrement sous l’effet de la réglementation sur les terminaisons d’appels. Sans compter que la prochaine vente de fréquences au Brésil nécessitera de mobiliser d’importantes ressources financières pour les opérateurs mobiles en place. Or, compte tenu de sa dette, représentant 2,8 fois son Ebitda, Telecom Italia aura du mal à soutenir sa filiale locale.
L’opérateur italien pourrait ainsi profiter de l’agitation qui secoue actuellement les télécoms brésiliens pour vendre favorablement sa part dans Tim Participacoes et régler du même coup son surendettement. Notée «junk» par S&P et Moody’s, sa dette nette de 27,3 milliards d’euros à fin juin 2014 restera sous pression tant que le marché italien des télécoms ne sera pas remis des conséquences de la récession dans le pays et des effets de la concurrence. Son chiffre d’affaires dans le fixe en Italie a encore plié de 8,4% au deuxième trimestre et de 13,3% dans le mobile.
Tim Participacoes ne manque pas de prétendants. America Movil a reconnu hier réfléchir à s’associer à Oi, qui avait déjà révélé son intérêt pour Tim mais qui est limité financièrement. La banque BTG Pactual a servi d’intermédiaire. Carlos Garcia-Moreno, le directeur financier d’America Movil, a indiqué qu’aucun accord n’avait encore été trouvé avec Oi. «En termes financier, je ne crois pas que cela soit un problème», a-t-il assuré. En mettant la main sur le numéro deux du mobile brésilien, Oi et America Movil éviteraient de se faire marginaliser par Telefonica et réduiraient la concurrence du marché.
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