Stellantis ne convainc qu’à moitié sur ses perspectives

Ni les ventes trimestrielles, pourtant meilleures qu’attendu, ni la confirmation des projections pour 2022 n’ont rassuré les investisseurs.
Lionel Garnier
Stellantis est actuellement le seul constructeur automobile majeur opérant sur le sol américain sans captive de financement automobile.
Le groupe Stellantis a confirmé ses objectifs pour 2022.  -  RK

Les optimistes y verront un simple mouvement de prise de bénéfices après un gain de 13 % en trois semaines, les pessimistes y décèleront en revanche le signe que la méthode Stellantis risque de connaître des ratés l’an prochain. Tous s’accorderont sans doute sur l’accueil pour le moins frileux réservé jeudi aux chiffres d’activité trimestriels, pourtant meilleurs qu’attendu, du groupe automobile né du rapprochement de Peugeot SA et de FCA. L’action Stellantis a lâché plus de 3%, amplifiant le recul de l’indice sectoriel, le Stoxx 600 automobile.

Côté pile, le groupe aux 14 marques a vu son chiffre d’affaires juillet-septembre bondir de 29% sur un an, à 42,1 milliards d’euros quand les analystes tablaient en moyenne sur 40,81 milliards d’euros de revenus, selon un consensus réalisé par FactSet. Cette performance «reflète notamment une progression des volumes, le maintien d’un effet prix positif et d’effets de change favorables», a reconnu Richard Palmer, le directeur financier du groupe. Alors qu’au troisième trimestre, les ventes consolidées ont progressé de 13%, à 1,28 million de véhicules, Stellantis a pleinement profité de l’effet dollar fort, avec un effet change qui contribue à 3,4 milliards d’euros aux facturations.

Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs pour 2022 et vise toujours pour l’année une marge opérationnelle courante d’au moins 10% et un flux de trésorerie libre industriel positif.

Côté face, le discours reste plus flou pour 2023. Même si la situation s’est améliorée sur le front des semi-conducteurs contribuant à la hausse des livraisons au troisième trimestre, Stellantis ne nie pas la persistance de goulets d’étranglement avec même des motifs d’inquiétude pour le marché nord-américain, le plus crucial pour le groupe car le plus rentable. En Europe, les difficultés de transport perturbent l’acheminement des véhicules vers les points de vente. En conséquence, les stocks détenus par le groupe ont presque doublé de fin juin à fin septembre pour atteindre 275.000 véhicules. «A ce stade nous ne pouvons pas produire suffisamment de voitures» pour satisfaire la demande, estime Richard Palmer.

Le groupe se dit pour l’heure confiant dans sa capacité à continuer à reporter la hausse de ses coûts dans le prix de ses véhicules. Mais jusqu’où pourra aller ce pouvoir de prix sans affecter les volumes ? Le repli du titre illustre aussi le regain des doutes sur ce terrain.

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