Standard & Poor’s salue les efforts des constructeurs automobiles français
Les efforts des constructeurs automobiles français se traduisent dans leur notation de crédit. Standard & Poor’s vient de relever d’un cran les notes de Peugeot, de «B+» à «BB-», et de Renault de «BB+» à «BBB-», qui revient ainsi en catégorie d’investissement pour la première fois depuis 2009. Fitch l’avait déjà relevé la note de Renault en novembre dernier, tandis que Moody’s place toujours la marque au losange en catégorie spéculative.
Hier soir, Renault a dévoilé une hausse de 13,7% de son chiffre d’affaires trimestriel, dont +14,3% pour la division automobile, et une hausse de 0,8% de ses immatriculations (+9,9% en Europe, mais -11,3% à l’international).
Ces relèvements reflètent essentiellement les efforts de désendettement et de restructuration entrepris depuis 2009, mais également les anticipations d’une reprise de l’activité européenne qui devraient porter les résultats des constructeurs sur les douze prochains mois, note S&P.
L’agence de notation mise sur une poursuite de l’amélioration de la rentabilité, grâce aux réductions de coûts et à la reprise du marché automobile européen. Même si la forte exposition des deux constructeurs au marché européen – 55% des ventes de voitures de Renault et 60% de celles de Peugeot – constitue une faiblesse, les deux groupes devraient profiter de la hausse attendue de 4,6% des ventes en Europe occidentale cette année, après une hausse de 5,4% en 2014. S&P anticipe ainsi une marge opérationnelle de 3 à 5% pour Renault d’ici à 2017, contre 2,2% en 2014; et amélioration pour Peugeot qui est revenu dans le vert l’an dernier.
Entre les deux constructeurs, l’écart de la qualité de crédit se réduit, estime S&P, même si les profils financiers et opérationnels de Renault demeurent plus forts, grâce notamment à un programme de restructuration plus avancé. En 2015, S&P mise sur une marge d’Ebitda ajusté de 8%, contre 5% pour Peugeot.
S&P attend que Renault dégage un ratio flux de trésorerie opérationnel sur dette supérieur à 45% sur les deux prochaines années, tandis que Peugeot devrait atteindre au moins 20%. Une nette amélioration, alors que le ratio de Renault ressortait à 10% en 2009 et que Peugeot brûlait encore du cash en 2012.
Malgré cette plus grande souplesse financière, l’agence de notation estime qu’une politique financière conservatrice prévaudra, avec des dividendes limités et aucune grande acquisition financée par la dette.
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