ST-Ericsson s’impose une cure d’amaigrissement et transfère des activités à STMicro
Traitement de choc pour ST-Ericsson, filiale de STMicroelectronics dans les puces pour téléphones mobiles, détenue à parité avec Ericsson. La société, reprise en main par Didier Lamouche depuis novembre 2011, a dévoilé hier un plan de redressement radical. Celui-ci prévoit la suppression de 1.700 postes au niveau mondial, la diminution du nombre de ses sites d’activités et une réduction de 25% des frais commerciaux, généraux et administratifs par rapport à 2011. Objectif : générer 320 millions de dollars (244 millions d’euros) d'économies annuelles d’ici fin 2013. Il lui faudra toutefois dans un premier temps essuyer des coûts de restructuration avoisinant les 130 à 150 millions de dollars.
«C’est un effort significatif, un effort douloureux, mais que nous devons faire», a justifié Didier Lamouche lors d’une conférence téléphonique. Mais cette remise en ordre passera également par un partenariat entre ST-Ericsson et STMicro, avec l’absorption par la maison mère franco-italienne des activités R&D de ST-Ericsson couvrant le développement des processeurs d’applications. «STMicro cédera sa technologie sous licence à ST-Ericsson qui l’intégrera dans ses ModAps — des solutions compétitives intégrant un processeur d’application et un modem — pour smartphones et tablettes tactiles», précise le communiqué. C’est dans ce cadre que des «employés hautement qualifiés» de ST-Ericsson rejoindront les actuelles équipes de R&D de STMicro, ce qui atténuera le programme de réduction d’effectifs.
Par ailleurs, un accord commercial a été conclu pour assurer conjointement la promotion et la commercialisation de processeurs d’applications autonomes et de modems de faible épaisseur. «En rassemblant nos forces, nous sommes la seule entreprise européenne capable de concurrencer des groupes comme Intel», a estimé Didier Lamouche. Avec ce plan de restructuration, STMicro joue gros pour sa filiale, dont les pertes opérationnelles ont atteint 813 millions de dollars en 2011. Mais ceci n’a pas été de nature à calmer l’inquiétude des investisseurs dans l’immédiat, l’action STMicro chutant hier à Paris de 13,8%. Les résultats trimestriels du groupe publiés hier soir témoignent de ses difficultés actuelles, avec une perte de 0,20 dollars par action et un repli de 8% du chiffre d’affaires à 2 milliards de dollars.
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