Soufflet confirme la tendance à la désintermédiation du financement
Spécialisé dans la première transformation des céréales, le groupe familial Soufflet a procédé avant Noël à une émission inaugurale de 100 millions d’euros sur le marché obligataire Euro MTF à Luxembourg grâce à un placement privé. Cette démarche constitue un exemple supplémentaire de la tendance à la désintermédiation constatée dans le financement des entreprises, qui concerne également les sociétés non cotées en Bourse. Le groupe laitier Lactalis a également levé fin décembre plus de 500 millions d’euros via ce type de placement.
D’une durée de 6 ans, l’emprunt du groupe Soufflet porte un taux d’intérêt annuel de 4,25%. Le produit de la levée de fonds sera «affecté aux besoins de financement généraux» de l’entreprise qui affichait un chiffre d’affaires annuel de 4 milliards d’euros au 30 juin 2012, date de clôture de son dernier exercice. 54% des ventes du groupe agro-industriel sont par ailleurs réalisées à l’export. Le caractère saisonnier de son activité nécessite l’accumulation de stocks importants qui gonflent temporairement son BFR, ce qui renforce l’intérêt de ressources financières plus diversifiées.
Les obligations émises et la dette à long terme du groupe n’ont pas encore été notées par les agences de crédit, mais «un processus de notation est en cours», indique à L’Agefi une source proche du dossier. Selon le prospectus d’offre, le taux d’intérêt serait majoré de 125 points de base pour atteindre 5,5% si la note de crédit attribuée à l’émetteur était en catégorie spéculative. Dans cette situation ou en cas de défaillance de l’emprunteur, des covenants financiers seraient mis en œuvre; ceux-ci prévoient que l’endettement net consolidé du groupe reste inférieur à 4 fois son excédent brut d’exploitation («ratio de levier financier») et à 1,25 fois ses fonds propres («net gearing»).
On remarquera que ces covenants sont plus restrictifs que les covenants bancaires liés à une ligne de crédit syndiqué à 5 ans signée par Soufflet en octobre 2011 pour un montant global de 800 millions d’euros. Le ratio de levier financier avait alors été fixé à 4,5 fois au maximum, tandis que le «net gearing» ne devait pas dépasser 1,35. Au 30 juin 2012, la dette nette de 516 millions d’euros du groupe représentait un peu plus d’une fois ses fonds propres et environ 3,5 fois son excédent brut d’exploitation, lui permettant ainsi de respecter ses engagements financiers.
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