Solocal Group se recapitalise en appelant des hedge funds à la rescousse
Faute d’avoir pu trouver un actionnaire industriel stable, Solocal Group va passer entre les mains de hedge funds. Amber Capital, Boussard & Gavaudan, Credit Suisse, Paulson & Co et Praxient, les principaux créanciers de l’ex PagesJaunes vont prendre possession d’une grande partie du capital, en dessous de la minorité de blocage mais suffisamment pour en devenir les actionnaires de référence.
Ces fonds garantissent 355 des 440 millions d’euros de l’augmentation de capital envisagée par Solocal. Elle prévoit deux tranches: 361 millions d’euros avec droits préférentiels de souscription; 79 millions réservée à Amber, Credit Suisse, Paulson et Praxient. Les nouvelles actions seront émises entre 0,2 euro et 0,5 euro pièce, contre un cours de 1,42 euro mercredi soir (DPS attaché). L’opération servira à racheter, au pair, 400 millions d’euros de dette bancaire détenus par les créanciers. Morgan Stanley et BNP Paribas, également créanciers, garantissent 60 millions d’euros et placeront l’augmentation de capital.
En revanche, Cerberus, qui a pris le contrôle de Solocal l’an dernier à la faveur de la restructuration financière de Mediannuaire, la holding de tête du groupe, ne garantit que 25 millions d’euros, soit le montant qu’il récupérera de la revente de ses DPS. Le fonds américain avait acheté de la dette Médiannuaire via un véhicule aujourd’hui fermé ce qui lui interdit tout nouvel investissement. Une caractéristique qui était connue au moment de son arrivée au capital et qui éclaire ses intentions de l’époque.
Après l’opération, le fonds sera dilué et perdra une grande partie des droits de vote double dont il avait hérité de Médiannuaire. Cerberus détient 18,49% du capital et 27,94% des droits de vote. Sa présence au conseil d’administration sera revue: le fonds dispose de trois administrateurs sur onze.
La garantie de l’augmentation de capital n’est valable que pour 4 mois. L’opération est aussi conditionnée à l’accord de 90% des prêteurs sur le report de 2015 à 2020 de la dette bancaire. La mise en œuvre d’une procédure de sauvegarde accélérée est envisagée pour obtenir cet accord. Le plan devrait être soumis en AG extraordinaire fin avril.
Surendetté, et en décroissance, Solocal ne peut pas se permettre un échec. Si elle avait été effectuée fin 2013, l’opération aurait réduit à 2,8 fois le ratio dette nette sur Ebitda contre 3,73 en réalité, à seulement 0,4% du covenant.
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