Soitec essuie un revers dans son désengagement de l’énergie solaire
Le recentrage sur le secteur électronique annoncé par Soitec au début de cette année semble plus difficile que prévu. Le spécialiste du silicium sur isolant a en effet annoncé hier après la clôture de la Bourse qu’il ne cédera finalement pas une partie de ses activités solaires à ConcenSolar, malgré l’accord signé entre les deux sociétés le 20 mai dernier. Partenaire commercial du fabricant de modules photovoltaïques à concentration Suncor Photovoltaic Technology, la société privée basée à Hong Kong devait reprendre des actifs technologiques et des sites de production du groupe français en Allemagne (Fribourg) et aux Etats-Unis (San Diego).
Soitec, qui ne précise pas le motif de l'échec de cette transaction dont la finalisation était prévue avant le 30 septembre, «regrette l’arrêt des négociations et la perte d’une opportunité de plus-value attendue de cette cession», dont le montant n’avait pas été rendu public. Il précise néanmoins qu’il «n’enregistrera pas de nouvelles dépréciations sur ces même actifs dans ses comptes», étant donné qu’il avait déjà déprécié les valeurs comptables de ces actifs sur son exercice clos le 31 mars dernier.
Il avait passé au titre de la restructuration de cette activité une charge exceptionnelle de 139 millions d’euros liée à la baisse de valeur des actifs et aux provisions pour contrats en cours, aux coûts de licenciement et aux dépenses de démantèlement des centrales. Ceci avait largement contribué à creuser sa perte nette à 259,2 millions, contre un résultat négatif de 236,7 millions un an plus tôt.
Ce revers est d’autant plus inquiétant que l’énergie solaire a poursuivi sa contre-performance au premier trimestre de l’exercice 2015-2016, obérant ainsi la capacité de redressement du groupe. Entre avril et juin dernier, le chiffre d’affaires de la division a chuté en glissement annuel de 81% à seulement 4,5 millions d’euros, a indiqué Soitec le mois dernier. D’un trimestre sur l’autre, la baisse du chiffre d’affaires s’est élevée à 2%, la plus grande partie des ventes de systèmes photovoltaïques du groupe ayant eu lieu en France et en Chine sur cette période. Sa trésorerie disponible au 30 juin était de 63 millions d’euros pour une dette brute de 227 millions.
Le producteur de matériaux semi-conducteurs entend poursuivre son plan de recentrage hors de l’énergie solaire «tout en cherchant à optimiser la valorisation des actifs concernés, qui demeure une priorité».
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