Shire relance les hostilités dans la pharmacie
Baxalta pourrait ne pas rester indépendant très longtemps. Scindé de Baxter International le mois dernier, le laboratoire pharmaceutique américain est depuis hier sous le coup d’une offre publique hostile du britannique Shire. Econduit par la direction de Baxalta dans le courant du mois de juillet, le britannique a opté pour la manière forte en rendant public son projet. Aux actionnaires de Baxalta de décider de l’issue.
Shire propose 0,1687 de ses propres ADR pour chaque action Baxalta, soit une valeur de 45,23 dollars par titre et une prime de 36% par rapport au cours de Bourse de lundi soir. Au total, l’offre valorise Baxalta 30 milliards de dollars (27,3 milliards d’euros). Les actionnaires du laboratoire américain auraient 37% du capital du nouveau groupe.
Flemming Ornskov, le directeur général de Shire, a assuré que cette offensive ne visait pas à défendre le groupe d’une éventuelle nouvelle OPA, alors que Shire avait dû céder l’an dernier aux avances d’AbbVie avant que celui-ci ne renonce en raison du durcissement des règles fiscales américaines. «Nous pensons que le rapprochement proposé de Shire et de Baxalta serait stratégiquement et financièrement pertinent pour nos deux entreprises, (...) créant le leader mondial des biotechs dans les maladies rares», a lancé Flemming Ornskov. Selon lui, les ventes du portefeuille du groupe combiné pourraient atteindre 20 milliards de dollars d’ici à 2020, grâce à une croissance annuelle moyenne de plus de 10%.
Le second avantage serait fiscal. Baxalta, dont le taux d’impôt sur les sociétés s’élève à 23%, bénéficierait du régime nettement plus favorable de Shire, immatriculé en Irlande. Ensemble, les deux groupes paieraient un taux d’IS de 16% à 17%, a calculé Shire. Une partie des synergies attendues serait reversée aux actionnaires après la fusion, via le rachat de 118 millions d’actions sur deux ans, soit une valeur actuelle d’environ 10 milliards de dollars. Shire est conseillé par Evercore et Morgan Stanley.
Le marché se montre relativement mesuré face à une offre entièrement en titre. Hier, le cours de l’action Baxalta a gagné 12,3%, mais à 37,24 dollars il reste bien en dessous du prix indicatif proposé hier par Shire dont le titre a cédé 5,85%. A 5 fois les ventes estimées pour 2015, la valorisation offerte par Shire est inférieure de 2 points au multiple moyen payé lors des dernières opérations dans le secteur pharmaceutique.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles s'allient contre la fraude financière
Santander, BBVA et CaixaBank ont fondé ensemble FrauDfense, qui vient de lancer son premier service opérationnel et ouvre désormais ses portes à l'ensemble du secteur financier espagnol. -
Eiffel Investment Group vise 1 milliard d'euros pour son troisième millésime de dette privée à impact
Pionnier de la stratégie de dette privée à impact en Europe, Eiffel Investment Group a déjà réuni plus de 500 millions d'euros d'engagements pour son troisième millésime, qui cible un montant final près de 30 % supérieur au précédent véhicule. -
Norwegian élargit ses activités au secteur du tourisme
La compagnie à bas prix va s’emparer de Nordic Leisure Travel Group pour environ 728 millions d’euros, ce qui donnera naissance à un groupe intégré verticalement.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
« L’État ne financera plus l’immobilisme » : le grand plan IA de Sébastien Lecornu pour les administrations françaises
Le Premier ministre souhaite généraliser l’usage de l’intelligence artificielle dans les services publics pour simplifier les démarches des Français et augmenter l'efficacité des agents. -
Juste une illusion
Avec ses assiettes trompe-l’œil, Dior Maison rend hommage à cette technique du XVIIIe siècle, chère à Jonathan Anderson, le directeur artistique de la Maison. -
#DigitalCitizenAnthropic dans les cordes, l’Europe au tapis
Potentiellement privée des meilleurs modèles d’Intelligence artificielle, l’Europe se retrouve face à une rupture de compétitivité supplémentaire et majeure