Severstal se donne les moyens de verser un dividende exceptionnel
La coïncidence est troublante, mais le processus était engagé de longue date. En pleine escalade des sanctions à l’encontre de Moscou dans la crise ukrainienne, le groupe sidérurgique russe Severstal a annoncé lundi la vente de ses filiales américaines pour 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). L’opération conclut la revue stratégique de ses actifs en Amérique du Nord et pourrait lui permettre de verser un dividende exceptionnel.
Severstal Columbus va être vendue à Steel Dynamics pour 1,62 milliard de dollars et Severstal Dearborn à AK Steel pour 700 millions, a précisé le groupe qui espère boucler la transaction d’ici à la fin de l’année. Le groupe russe avait investi un milliard de dollars dans l’aciérie de Dearborn, acquise en 2003 pour 285,5 millions de dollars, et 1,5 milliard dans celle de Columbus, entrée en service en 2007. Les deux sites ont dégagé un chiffre d’affaires de 3,9 milliards de dollars en 2013, soit environ 30% des revenus totaux de Severstal.
Le géant russe, contrôlé par l’oligarque Alexeï Mordachov, avait annoncé en mai envisager diverses options stratégiques pour ses sites restants aux Etats-Unis, dans un secteur de l’acier marqué par les surcapacités de production. Il s’était déjà délesté d’aciéries dans le Maryland, l’Ohio et la Virginie occidentale. Il a aussi annoncé la semaine dernière la vente de sa filiale PBS Coal, un producteur de charbon métallurgique en Pennsylvanie, au canadien Corsa Coal pour une valeur d’entreprise de 140 millions de dollars.
Selon le courtier russe BCS, les transactions Columbus et Dearborn se feraient à un multiple de valeur d’entreprise sur Ebitda de 7,5 à 8 fois, alors que Severstal se paie en Bourse à 3,7 fois son Ebitda estimé.
«La transaction pourrait ramener l’endettement net de Severstal à 1,3 fois l’Ebitda au lieu de 1,7 fois au premier trimestre, relevaient hier les analystes de VTB Capital, cités par Reuters. Mais nous n’excluons pas non plus que le groupe verse un dividende spécial, le désendettement n'étant pas une priorité pressante à ce stade». Une hypothèse prise au sérieux par le marché.
Alors que la montée des tensions consécutives au crash du Boeing de la compagnie Malaysia Airlines en Ukraine a fait plonger hier l’indice Micex de la Bourse russe de 2,67%, l’action Severstal a fini en hausse de 0,63% à Moscou et 0,47% à Londres après avoir pris plus de 2% en séance.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- OTPP étudie la vente du leader français du funéraire
- Matthieu Bonte prend la direction mondiale des investissements de BNP Paribas Cardif
- La stratégie d'investissement du groupe Matmut conjugue prudence et montée en puissance
- La France fait un pas de plus vers la transparence des données vertes des entreprises
- Julien Ménard a quitté la direction des investissements d’Audiens
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat