Saint-Gobain fait face à un nouveau revers dans le dossier Sika
Contre vents et marées, Saint-Gobain tient le cap. Il n’abandonnera pas son projet d’acquisition de la holding de contrôle de Sika et compte bien boucler l’opération avant la fin 2015. Pourtant, sur ce dossier qui dure depuis décembre dernier et ne cesse de s’envenimer, le groupe qui fête cette année ses 350 ans doit faire face à un nouveau revers.
Le tribunal cantonal de Zoug vient de rejeter l’ensemble des demandes de SWH (Schenker-Winkler Holding), dont Saint-Gobain veut racheter la participation. SWH, qui détient 16,1% du capital et 52,4% des droits de vote de Sika, demandait l’annulation de la limitation de ses droits de vote à 5% par le conseil d’administration de Sika.
A l’annonce de cette décision, le conseil de Sika a déclaré qu’il allait «procéder à une analyse approfondie». Pour Saint-Gobain, «cette décision ne porte pas sur le fond et n’est donc pas la confirmation des thèses de Sika, notamment sur la légalité d’une réduction par le conseil d’administration des droits de vote de SWH». De fait, le juge ne s’est pas prononcé sur la capacité ou non du conseil d’administration de Sika de restreindre les droits de vote. Si les statuts prévoient un plafonnement à 5%, la famille Burkard et SWH en étaient exemptés. En attendant, l’action du groupe français cédait hier 2,42% à 40,55 euros, tandis que celle du groupe suisse rebondissait de 4,65%.
La semaine dernière, le tribunal avait déjà rejeté la demande de SWH de tenir une assemblée générale extraordinaire, ne constatant pas d’urgence particulière. L’AG, qui se tiendra le 14 avril, promet d’être houleuse. SWH, qui a rappelé que la décision d’hier ne remettait pas en cause son accord avec Saint-Gobain, a expliqué qu’elle avait la possibilité de demander l’annulation des décisions de l’AG, voire de poursuivre les administrateurs et la direction de Sika.
Début décembre 2014, Saint-Gobain a conclu un accord avec la famille Burkard-Schenker pour le rachat de SWH pour 2,75 milliards de francs suisses (à l’époque 2,3 milliards d’euros, aujourd’hui 2,6 milliards d’euros). Depuis, la direction du groupe suisse et des actionnaires pesant 50% du capital demandent que l’acquéreur leur offre les mêmes conditions de sortie en lançant une OPA sur Sika.
Début mars, la commission suisse des OPA a jugé valable le principe de clause d’exemption de lancement d’une OPA, sans pour autant se prononcer sur les modalités d’application.
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