Saint-Gobain devrait profiter de la cession imminente des activités américaines de Verallia
Un an après avoir reçu l’offre de l’irlandais Ardagh pour le rachat des activités d’emballage nord-américaines de Verallia, Saint-Gobain devrait enfin boucler cette vente. Les autorités américaines de la concurrence (FTC) seraient proches d’un accord avec Ardagh, selon Reuters.
En juillet dernier, la FTC avait bloqué l’opération estimant que ce rapprochement, entre les numéros 2 et 3 du secteur entraverait la libre concurrence sur le segment des bouteilles en verre. Avec le leader, Owens-Illinois, ils contrôlent actuellement les trois quarts du segment des bouteilles de bière et de liqueurs fortes aux Etats-Unis.
Ardagh a alors proposé de céder quatre sites. Début décembre, la FTC avait jugé cet effort insuffisant. Ardagh a alors évoqué la vente de six sites. «La FTC pourrait accueillir favorablement la dernière proposition d’Ardagh, expliquait lundi soir une source à Reuters. Mais un accord n’est pas encore conclu, les discussions continuent et il reste un certain nombre de points à préciser».
L’opération devrait donc se déboucler rapidement. Une nécessité pour Ardagh, qui devrait rembourser son emprunt obligataire de 1,45 milliard de dollars – levé en janvier 2013 pour financer ce rachat – si la vente n’était pas signée avant le 13 janvier.
Pour sa part, Saint-Gobain pourrait enfin toucher les 1,7 milliard de dollars (1,25 milliard d’euros) de la vente. En janvier dernier, le PDG de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar, avait précisé que le produit de cession serait consacré au renforcement du bilan et à sa politique de petites ou moyennes acquisitions. Après avoir renoncé au dernier moment à introduire en Bourse Verallia en juin 2011, le groupe de matériaux de construction a choisi de céder cette filiale américaine, qui dégage un tiers du chiffre d’affaires de Verallia.
Cette manne est «à comparer aux 1,1 milliard d’euros provisionnés à fin décembre 2012 pour la couverture de l’amende vitrage, qui finira vraisemblablement par être payée par Saint-Gobain», note Aurel BGC. Le courtier reste à «conserver» sur le titre Saint-Gobain avec un objectif de cours de 40 euros, estimant que «les multiples actuels (6,9 fois l’Ebitda estimé pour 2014) [prennent] déjà en compte un certain re-rating (environ 6,5 fois estimé historiquement) après une année 2013 où nous avons à plusieurs reprises révisé à la baisse nos estimations de résultats».
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