Ryanair douche le secteur aérien en avertissant sur son résultat
La compagnie à bas coûts pourrait ne pas atteindre le bas de sa fourchette de bénéfice net de 570 à 600 millions d’euros pour l’exercice
Publié le
Bruno de Roulhac
Coup de froid sur le secteur aérien. Air France-KLM (-0,35%), Lufthansa (-2,89%), IAG (-1,26%) et surtout Easyjet (-5,08%) reculaient hier dans le sillage de Ryanair (-13,36% à 5,87 euros) après l’avertissement de la compagnie irlandaise à bas coûts.
Une fois n’est pas coutume, Ryanair a prévenu le marché que son objectif de résultat net pour son exercice 2013-2014 serait difficile atteindre. Si le groupe confirme sa cible de 570 à 600 millions d’euros, il table désormais sur «le bas de fourchette» et «si les prix et le revenu par passager continuent de s’amoindrir cet hiver, il n’y a aucune garantie que le résultat annuel ne finisse pas au niveau ou légèrement en dessous du bas de cette fourchette», avertit Michael O’Leary, directeur général de Ryanair. «Ryanair a historiquement publié des résultats bien au-dessus de ses propres prévisions, c’est une nouvelle décevante», déplore RBC. De fait, ce serait la première baisse depuis 2009. Bloomberg espérait jusqu'à présent 648 millions d’euros. Le directeur financier a précisé que la baisse de la livre sterling aurait un impact négatif de 50 millions d’euros sur le bénéfice de l’exercice.
Pour son premier trimestre, clos fin juin, la compagnie a enregistré une chute de 21% de son bénéfice net à 78 millions d’euros, malgré une hausse de 3% du trafic passagers et de 5% de son chiffre d’affaires à 1,34 milliard. Le groupe table toujours sur une croissance de 3% du trafic sur l’ensemble de l’année, mais la «récente faiblesse des prévisions de revenu par passager» pour le deuxième trimestre fiscal l’a conduit à réduire ses capacités à 81 millions de sièges sur l’exercice, au lieu des 81,5 millions prévus initialement.
Anticipant un marché déprimé dans les prochains mois et une concurrence accrue, «nous répondrons en étant les premiers à réagir et en étant offensifs sur les prix», a prévenu Michael O’Leary, prévoyant des «promotions agressives», notamment au Royaume-Uni, en Scandinavie, en Espagne et en Irlande.
Néanmoins, la compagnie a confirmé son plan de rachat d’actions pour 400 millions d’euros sur l’exercice, dont 177 millions ont déjà été réalisés. «Nous continuons à voir Ryanair comme l’un des leaders de l’industrie avec une histoire de croissance renouvelée, des rendements plus élevés et à la hausse sur le moyen terme, et une substantielle génération de cash flow», conclut le bureau d’analyse Davy.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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