Ryanair débloque la vente d’Aer Lingus à IAG
La compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus va pouvoir changer de main. Le conseil d’administration de sa compatriote Ryanair a accepté l’offre d’achat d’International Airlines Group (IAG). Ce dernier, qui regroupe British Airways et Iberia, s’apprête donc à acquérir les 29,8% de capital que Ryanair détient dans Aer Lingus.
«Notre participation est en vente depuis mai 2012 et le conseil d’administration estime que l’offre actuelle d’IAG maximise la valeur pour les actionnaires de Ryanair», indique le groupe dans un communiqué. «Le prix signifie que Ryanair tirera un petit profit sur son investissement réalisé au cours des neuf dernières années», ajoute son directeur général Michael O’Leary. La compagnie précise qu’elle votera en faveur de la transaction lors de l’assemblée générale extraordinaire prévue le 16 juillet, si la Commission européenne donne son aval.
Celle-ci doit rendre sa décision le 15 juillet au plus tard. Un accord est probable, dans la mesure où IAG a fait des concessions à Bruxelles le mois dernier: selon plusieurs sources citées par la presse à l’époque, il aurait accepté de céder certains créneaux à l’aéroport d’Heathrow, à Londres.
Ryanair indique qu’il votera également pour l’octroi au gouvernement irlandais d’un droit de véto (golden share) sur les créneaux aériens d’Aer Lingus à l’aéroport d’Heathrow.
IAG a formulé une offre de 1,36 milliard d’euros sur Aer Lingus en janvier dernier. En mai, le gouvernement irlandais avait accepté de lui céder sa participation de 25%. Le conseil d’administration de la cible avait recommandé l’offre dès le mois de janvier, mais le processus avait ensuite stagné jusqu’à ce qu’IAG accepte d’accroître ses garanties en termes d’emplois et de dessertes.
L’objectif de la compagnie bicéphale est de créer une plate-forme transatlantique à l’aéroport de Dublin qui, contrairement à celui d’Heathrow, peut être étendu.
C’est la fin d’un long feuilleton. En octobre 2006, quelques jours après l’introduction en Bourse d’Aer Lingus, Ryanair avait lancé une première OPA. Après s’être emparé de près de 26% de son capital, il avait annulé son offre en décembre, tout en indiquant qu’elle attendrait un signe de Bruxelles avant d’en lancer une deuxième. La Commission indiqua en juin 2007 qu’elle bloquerait le projet de fusion. Ryanair a néanmoins réitéré fin 2008, sans parvenir à convaincre. Il est revenu à la charge en 2012, avant de subir le double véto de Bruxelles et des autorités britanniques.
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