RWE cherche à parer à l’effondrement de son modèle opérationnel

Fragilisé par la transition énergétique et la baisse des prix, le groupe allemand engage des mesures de réduction des coûts
Antoine Duroyon

Réductions d’effectifs, contraction des investissements, cessions d’actifs…, le tableau apparaît bien sombre pour RWE. Le deuxième énergéticien allemand subit de plein fouet la transition énergétique de la première puissance économique européenne, avec la montée en puissance d’énergies renouvelables largement subventionnées (éolien, photovoltaïque). «Beaucoup de centrales électriques ne sont plus en mesure de couvrir leurs coûts en raison de la baisse des prix des contrats sur le marché de l’électricité en Europe continentale», a expliqué RWE. Des difficultés que rencontrent également ses confrères E.On et EnBW.

Les derniers résultats portent clairement la trace de cette mutation. Le bénéfice tiré de la production d’électricité conventionnelle a chuté de 64% en glissement annuel sur la période de janvier à septembre, à 841 millions d’euros. Sur le seul troisième trimestre, la perte nette atteint 370 millions d’euros. Et les prévisions pour 2014 ne sont guère reluisantes : l’Ebitda est attendu entre 7,6 et 8,1 milliards d’euros (contre 9 milliards prévus cette année), tandis que le bénéfice d’exploitation devrait atteindre 4,5 à 4,9 milliards d’euros, loin des 5,9 milliards attendus en 2013.

Face à un «effondrement» du modèle d’activité traditionnel, selon les termes employés par le directeur général Peter Terium, le groupe d’Essen envisage un traitement de choc. Il compte supprimer 6.750 postes au cours des deux prochaines années, portant le total à 13.000 depuis 2011, soit 18% de la masse salariale à l’époque. Les efforts concerneront également les investissements, le programme passera de 4,5 milliards d’euros cette année à 3 milliards en 2016. Dans le même temps, des cessions d’actifs ont été engagées, à l’image de la vente récente d’une participation minoritaire dans deux fermes éoliennes britanniques. Le groupe supporte une dette tout juste inférieure à 31 milliards d’euros.

Toutes ces mesures sont censées gonfler les bénéfices d’au moins 500 millions d’euros à compter de 2017. Le groupe envisage également une refonte de son modèle économique : «Nous travaillons sur de nouveaux modèles de partenariats avec des investisseurs potentiels, en vertu desquels nous assumerons le rôle de développeur et d’exploitation de projets d’énergie renouvelable, sans la responsabilité exclusive du financement et de la construction», a déclaré Peter Terium.

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