Rosneft s’allie à ExxonMobil pour explorer l’Arctique
Piégé par des actionnaires russes de TNK-BP qui ont fait capoter au dernier moment un échange de titres d’une valeur de 16 milliards de dollars, Rosneft aura mis moins de quatre mois pour trouver un remplaçant au pétrolier britannique. Réunis hier dans la «Riviera russe» de Sotchi, sous le patronage du Premier ministre Vladimir Poutine, les dirigeants d’Exxon Mobil et de Rosneft ont paraphé un accord de partenariat stratégique. Celui-ci prévoit notamment un programme d’exploration de 3,2 milliards de dollars pour trois blocs dans la mer de Kara (126.000 km² dans des profondeurs de 50 à 150 mètres) et un autre dans la mer Noire (11.200 km² dans des profondeurs de 1.000 à 2.000 mètres). Rosneft contrôlera 66,7% de chacune de ces deux implantations, tandis qu’ExxonMobil en détiendra le solde.
«De nouveaux horizons s’ouvrent», s’est enthousiasmé Vladimir Poutine, qui a chiffré à un maximum de 500 milliards de dollars les investissements qui pourraient découler de cet accord. Rosneft pourrait ainsi accéder à des projets en Amérique du Nord, notamment dans le Golfe du Mexique et au Texas. Une étude conjointe doit par ailleurs être menée pour le développement de ressources en Sibérie occidentale. «Cet accord avec Rosneft s’appuie sur quinze années de coopération réussie dans le cadre du projet Sakhalin-1», a rappelé Neil Duffin, en charge du développement d’ExxonMobil.
Bien que ce rapprochement ne comporte pas d'échange de titres, comme le prévoyait l’accord entre BP et Rosneft, les analystes ont salué la nouvelle. «Nous avons toujours pensé qu’ExxonMobil était un partenaire de choix étant donné son expérience opérationnelle, sa technologie et ses capacités de gestion de projet», estime Allen Good, analyste chez Morningstar. Selon le Wall Street Journal, Royal Dutch Shell a aussi tenu des discussions avec Rosneft.
D’autres analystes relativisent le risque lié à l’opération. «Le problème qui va se poser en Russie est la manière dont vous serez taxés en fonction de la production. Mais c’est encore trop tôt», souligne John Herrlin, analyste à la Société Générale. Le communiqué détaillant l’opération annonce à ce titre l’instauration d’un «dialogue constructif avec le gouvernement russe concernant la création d’un régime fiscal basé sur les meilleures pratiques mondiales».
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