Rolls Royce justifie son avertissement sur 2014 et 2015 par la mauvaise conjoncture économique
Malgré la bonne santé de l’industrie aéronautique, Rolls Royce a lancé un violent avertissement sur ses résultats 2014 et 2015 et ne table plus sur une progression de ses bénéfices l’an prochain. Sur ce profit warning inattendu, l’action a chuté vendredi de 11,54% à 832 pence à Londres, soit un plongeon de 35% depuis le début de l’année.
Pour cette année, Rolls Royce anticipe une baisse de 3,5% à 4% de son chiffre d’affaires, hors effet change, alors qu’il tablait jusqu’à présent sur une stabilité. En particulier, les ventes de sa division Nucléaire & Energie sont attendues en hausse de 5% au mieux, alors que Rolls-Royce espérait auparavant une progression de 5 à 10%. La croissance des bénéfices de cette même division se limiterait au mieux à 10%, bien loin de la fourchette originelle de +30% à +40%. Le bénéfice du groupe est toujours attendu stable pour 2014. En revanche, le cash flow libre de l’exercice devrait chuter de plus de moitié autour de 350 millions de livres, alors que le groupe tablait jusqu’ici sur une stabilité à 780 millions de livres. Pour 2015, l’équipementier aéronautique table désormais sur une évolution de -3% à +3% de son chiffre d’affaires et sur un recul de 0 à 3% de son bénéfice.
Rolls Royce invoque la dégradation des conditions économiques et les sanctions commerciales contre la Russie qui ont affecté ses activités Nucléaire & Energie, et Power Systems, avec des reports ou des annulations de commandes. «Partout où vous regardez, vous voyez des signes de dégradation économique, a expliqué John Rishton, directeur général de Rolls-Royce. Qu’il s’agisse de la baisse des prix du pétrole, de la chute de 40% du minerai de fer, de l’euro, du ralentissement de la Chine, de la réduction des dépenses des groupes pétroliers, du ralentissement de la croissance en Amérique du Sud, elles est partout». Toutefois, à moyen terme, le groupe reste confiant, s’estimant bien positionné sur des marchés en croissance, notamment dans l’aviation civile.
En février, Rolls-Royce avait déjà renoncé à prévoir une hausse de ses bénéfices en 2014, en raison de la faiblesse de la demande pour les équipements de défense.
Le groupe va poursuivre «sa restructuration et sa rationalisation», a ajouté John Rishton, n’excluant pas des suppressions de postes. Pour JPMorgan Cazenove, les coûts de restructuration pourraient s’élever à 100 millions de livres en 2015 et 2016.
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