Rocket compte lever 750 millions d’euros en entrant en Bourse à Francfort
Le secteur du commerce en ligne sera la vedette des introductions en Bourse cet automne. Alors que le géant chinois de l’e-commerce, Alibaba, vient de lancer officiellement son processus d’IPO à New York, et que Zalando a annoncé la semaine dernière son intention de lever 500 millions d’euros en s’introduisant à Francfort, la maison mère du groupe de ventes en ligne de prêt-à-porter et de chaussures, Rocket Internet, a dévoilé hier son intention de rejoindre la place allemande avant la fin de l’année. L’opération sera dirigée par Berenberg, JPMorgan et Morgan Stanley.
Rocket compte lever 750 millions d’euros par l’émission de nouvelles actions afin de financer de futures opportunités de croissance. Les actionnaires existants – notamment le véhicule des fondateurs, les frères Oliver, Alexander et Marc Samwer qui détiennent aujourd’hui 52,3% du capital – ne céderont aucun titre. Si Rocket ne précise pas la part du capital qu’il souhaite mettre sur le marché, des sources évoquent environ 15%. Cela valoriserait le groupe autour de 5 milliards d’euros. La semaine dernière, sa filiale Zalando, avait annoncé une levée de l’ordre de 500 millions d’euros pour 10 à 11% du capital, soit une valorisation également autour des 5 milliards. Reste à savoir si les investisseurs préféreront miser sur la fille ou sur la mère… Au regard des objectifs de développement de Rocket, les fonds émergents devraient être particulièrement intéressés.
Depuis sa fondation en 2007, le groupe assure avoir offert un rendement de 25 fois le capital investi. L’an dernier, il a dégagé 757 millions d’euros de chiffre d’affaires. «Rocket a un business model très intéressant, explique un analyste. Il prend les stratégies qui fonctionnent bien en Europe et les lance sur les marchés émergents».
Rocket, déjà présent dans plus de cent pays, se fixe pour objectif de devenir la plus grande plate-forme internet mondiale, en dehors des Etats-Unis et de la Chine déjà dominés par Amazon et Alibaba, avec un accent particulier sur l’Amérique latine, le Sud-Est asiatique, l’Inde et l’Afrique, où les habitudes d’achat en ligne sont encore nouvelles par rapport aux marchés développés. Le groupe allemand détient déjà un certain nombre d’enseignes de prêt-à-porter en ligne, et des sociétés globales de e-commerce. Quant à ses places de marché, elles touchent aussi bien les annonces immobilières et automobiles que les voyages ou les services ménagers.
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