Renault consolide sa notation en vendant ses dernières actions Volvo
Renault rompt définitivement ses liens avec Volvo, près de vingt ans après l’échec retentissant de leur projet de rapprochement. Profitant de la forte hausse du cours de Bourse du constructeur suédois (+27% depuis le début de l’année), le groupe français a vendu hier un peu plus de 138 millions d’actions, soit 6,5% du capital. Les titres placés par Goldman Sachs ont été vendus 92,25 couronnes pièce, soit une décote de 3,8% par rapport au cours de la veille. L’opération permet à Renault de récupérer 1,47 milliard d’euros bruts, soit une plus-value estimée à 1 milliard d’euros par Oddo «avec une fiscalité marginale».
La disparition de la contribution de Volvo aux résultats réduit de 5% à 6% le bénéfice net annuel par action de Renault. Mais la cession permet au constructeur français de restaurer sa position de trésorerie. D’une dette nette estimée à 300 millions d’euros, le groupe passe à un excédent de l’ordre du milliard, «une première depuis l’entrée au capital de Nissan en 1999», soulignent les analystes crédit de Natixis.
Ce revirement est d’autant plus appréciable que Renault, et le secteur européen dans son ensemble, traversent la plus grave crise de leur histoire.
L’opération permet de consolider la position du groupe vis-à-vis des agences de notation. Une dégradation supplémentaire en dessous de la note actuelle (BB+ chez S&P, Ba1 chez Moody’s) aurait des répercussions indirectes importantes pour RCI, la banque de Renault, déjà sous surveillance négative chez Moody’s. Cela l’entraînerait elle aussi en catégorie «spéculative», avec les mêmes conséquences que pour PSA Finance, placée sous la garantie de l’Etat. Après le placement, Renault retrouve des ratios de levier (dette nette représentant 2,5 à 3,5 fois l’Ebitda) et d’endettement (cash-flow opérationnel disponible couvrant 20% de la dette) conforme aux attentes des agences.
Pour autant, la recherche crédit de Natixis ne s’attend pas à un relèvement de la note du groupe. Fin 2010, dans la foulée du précédent placement d’actions Volvo pour 3 milliards d’euros, S&P avait remonté la note de Renault.
Mais les analystes de Natixis rappellent qu’à l’époque, «la division automobile de Renault avait commencé à se redresser et les perspectives du marché automobile européen étaient moins déprimées qu’aujourd’hui». Selon UBS, la division auto de Renault devrait finir l’année sur un bénéfice d’exploitation de seulement 16 millions d’euros.
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