Quick négocie avec ses créanciers pour sortir de l’ornière
Les mauvais résultats enregistrés au premier semestre ont conduit Quick à discuter avec certains créanciers, un an et demi seulement après avoir refinancé sa dette. En effet, l’activité et la rentabilité de la chaîne de restauration rapide ont souffert. Avec la chute de près de 20% de l’Ebitda (à 38 millions d’euros), le levier de dette nette s’est détérioré. Alors qu’il atteignait 6,15 fois l’excédent brut d’exploitation au 31 mars 2015, il représentait 6,45 fois au 30 juin. Une dégradation qui soulève la question d’un possible non-respect de clauses (ou covenants) de ses contrats de crédit en décembre prochain.
Selon plusieurs sources, Quick est bien actuellement en discussion avec ses créanciers pour amender le contrat s’appliquant à son crédit renouvelable, confirmant ainsi une information publiée par Bloomberg. Cette demande préventive de waiver s’applique à un tirage de 13 millions d’euros dans le cadre de cette facilité renouvelable de 50 millions d’euros, négociée concomitamment aux deux émissions obligataires à taux variables de 440 et 155 millions d’euros, arrangées par Goldman Sachs et JPMorgan en avril 2014 dans le cadre du refinancement. Pour ne pas rompre le contrat de crédit, la chaîne de restaurants devra respecter un ratio de levier inférieur à 6,25 fois à la fin de l’année – soit 0,20 fois inférieur au ratio du 30 juin.
A l’occasion de sa conférence avec les analystes fin août, Quick a indiqué qu’il renégocierait les clauses si nécessaire, mais qu’il avait d’ores et déjà mis en place un plan d’actions pour améliorer sa trésorerie – plan qui comprend d’éventuelles ventes d’actifs, des économies d’exploitation et une rationalisation de ses investissements.
Le portefeuille d’actifs disponibles à la vente comprend plusieurs restaurants de centre-ville. Des coupes dans les investissements sont également prévues: Quick a programmé une baisse de 6% (à 43 millions d’euros), mais a déclaré aux analystes être prêt à descendre jusqu’à 30 millions. Si l’endettement net réussissait à passer sous la barre des 6,25 fois l’Ebitda au prix de ces sacrifices, on pourrait craindre pour le redressement de Quick, qui dépend en grande partie de ses performances commerciales.
D’autres analystes estiment en outre que ces efforts seront inutiles; prédisant un retournement favorable du marché français des fast-foods au plus tôt en 2016, ils craignent pour fin 2015 un ratio de dette plus proche des 7 fois et jugent l’obtention d’un waiver indispensable.
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