Qualcomm finance ses ambitions de développement à prix modique
Qualcomm passe à l’offensive. Le fabricant de composants pour téléphones mobiles serait, selon des sources concordantes, en discussions en vue de prendre le contrôle d’Atheros Communications pour 45 dollars par titre, soit un montant total de 3,5 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros). Le New York Times, à l’origine de l’information, indique qu’un accord pourrait même être annoncé dès aujourd’hui, les probabilités qu’une autre entreprise lance une contre-offre étant minces selon les analystes.
Après s’être concentré sur la vente d’un bouquet de fréquences d’internet haut débit sans fil à AT&T pour 1,93 milliard de dollars, et fort d’une cagnotte de plus de 10,3 milliards de dollars, Qualcomm cherche à présent à diversifier ses activités. L’acquisition du producteur de semi-conducteurs serait la plus grosse opération réalisée par l’équipementier américain qui avait déjà fait part cette semaine de son intention d’investir un milliard de dollars dans la construction d’une usine de production d’écrans plats à Taïwan utilisant une technologie permettant de consommer moins d'énergie que les autres types d'écrans.
Il s’agit d’une véritable révolution dans la stratégie de Qualcomm, qui malgré une valeur de marché d’environ 82 milliards de dollars, n’avait jusqu’à présent jamais réalisé d’acquisition d’envergure. En effet, durant la dernière année fiscale clos fin septembre 2010, la société, qui tire les deux tiers de ses résultats de commissions facturées aux clients qui utilisent sa technologie, a réalisé six acquisitions pour un modeste montant total de 50 millions de dollars. Avec 922 millions de chiffre d’affaires prévu en 2010, le rachat d’Atheros permettrait à Qualcomm d’accroître sa part de marché dans les smartphones, segment où il est déjà un acteur de premier plan.
Suite à cette annonce, l’action d’Atheros a fait un bon de 18,85%, grimpant à 44 dollars, soit seulement 1 dollar de moins que l’offre de rachat. A ce niveau, le groupe est valorisé à environ 15 fois son Ebitda. Même si le titre a flambé de 50% depuis ses planchers de septembre dernier, l’offre représente une prime de 29% par rapport à la moyenne de cours de décembre. Une bonne affaire pour Qualcomm, quand on sait qu’Intel a dû payer une prime de 53% pour s’emparer de McAfee.
Plus d'articles du même thème
-
Le coût de financement obligataire s’envole pour Meta
La maison mère de Facebook a placé 15 milliards de dollars et 9 milliards d’euros d’obligations au cours des deux derniers jours. La demande a été importante grâce à des concessions élevées sur le coût du financement, notamment pour la transaction inaugurale en euro. -
Les PMI chinois sont en repli en octobre
Contrairement aux attentes, l’indice PMI RatingDog de la Chine pour les services recule, un phénomène nouveau qui suggère que l’activité n’est pas aussi dynamique qu’elle semblait l’être. -
Les quatre jours qui ont fait changer d'ère la cyber fraude
A quelques jours d'intervalle, deux casses ont affecté un pur acteur de la crypto, Binance, et une banque traditionnelle, le Crédit Mutuel Arkéa. Deux affaires différentes mais riches de leçons pour le secteur financier, confronté à une menace qui a changé d'échelle et de nature.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLeçons américaines pour la France
L’ampleur de la défaite de Donald Trump permet de tirer quelques enseignements pour nos échéances à venir -
Sans filtreEmmanuel Macron vu par Françoise Degois : les SMS d’un président en détresse
Dans « Vous êtes tous trop durs avec moi » publié chez Robert Laffont, l’éditorialiste dévoile deux années d’échanges privés avec un Emmanuel Macron déterminé à défendre son bilan, envers et contre tous ceux qui l'ont abandonné -
Feu vertUne primaire de la droite ne changera rien aux comptes de campagne des candidats
Qu'elle soit ouverte ou fermée, une primaire ne répond pas aux mêmes règles de financement politique. Rien ne dit pour autant que le vainqueur d'un tel scrutin se verrait imputer les dépenses de ses concurrents