PSA rebat les cartes de son conseil de surveillance
Pas de précipitation. PSA se donne le temps de construire une gouvernance solide pour accompagner la recomposition du capital du groupe autour de la famille Peugeot, de l’Etat français et du chinois Dongfeng, qui détiendront chacun 14% du capital. Le comité des nominations se réunissait hier pour faire sa proposition de nouveau président non exécutif. Le conseil de surveillance devrait trancher mardi, mais pourrait aussi se donner un délai de réflexion supplémentaire.
Depuis plusieurs semaines deux candidats tiennent la corde, Louis Gallois, 70 ans, ancien président d’EADS et actuel commissaire général à l’investissement d’une part et Gérard Hauser, 72 ans, ancien PDG de Nexans et ancien administrateur de Faurecia, filiale de PSA, d’autre part. Si le premier a l’avantage de déjà siéger au conseil du constructeur automobile depuis l’année dernière comme «membre référent» indépendant, participant au comité stratégique, ses liens avec l’Etat le rendraient moins indépendant selon certains. De plus, la famille Peugeot penchait davantage pour le choix de Gérard Hauser. Néanmoins la vision de la famille fondatrice aurait évolué et elle se rallierait maintenant au choix de l’Etat, Louis Gallois, pour remplacer Thierry Peugeot. «Quel que soit le candidat retenu [cette décision] va dans le bon sens et montre que la famille Peugeot lâche peu à peu prise sur le groupe», relève un spécialiste.
Pour sa part, Dongfeng, qui a rencontré les deux candidats, n’aurait mis aucun veto. Selon Le Figaro, sa préférence allait à Philippe Varin, l’actuel président du directoire qui laissera sa place le 31 mars prochain à Carlos Tavares.
Le travail du comité des nominations et de la gouvernance ne s’arrête pas là. L’ensemble du conseil doit être recomposé. Sans compter les deux censeurs, il passera de 15 à 14 membres, dont 6 sièges pour le nouveau trio de référence (2 pour la famille Peugeot, contre 4 auparavant, 2 pour l’Etat, et 2 pour Dongfeng), six administrateurs indépendants (neuf actuellement) et deux, voire trois représentants des salariés (deux aujourd’hui). Dans l’hypothèse d’un troisième siège réservé aux salariés, le comité de groupe européen souhaiterait qu’il soit occupé par un salarié d’une usine à l’étranger, par exemple en Espagne. Aussi, plusieurs administrateurs devront abandonner leur siège, dont deux de la famille Peugeot. Le choix risque d’être cornélien.
Plus d'articles du même thème
-
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux. -
Worldline maintient ses perspectives annuelles
Le spécialiste des paiements confirme ses perspectives annuelles après une hausse organique de l'activité. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe dirigé par Pierre-Antoine Vacheron prévoit de brûler 40 à 60 millions d'euros de cash. -
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester -
Caméléon« Emmanuel Macron est à la fois le premier sponsor des réseaux sociaux et un lanceur d’alerte »
Après les violences du 17 octobre, le président de la République relance l’idée de restreindre, voire de couper l’accès aux réseaux sociaux en cas d’émeutes. Sans aller jusqu'à parler de virage autoritaire, le député Renaissance des Côtes-d’Armor Eric Bothorel met en garde contre « une pente dangereuse ».