Phones 4u se dirige vers une vente à la découpe
Phones 4u se dirige vers une liquidation par la cession de ses principaux actifs. Rob Hunt, l’associé de PwC chargé de l’administration du distributeur de téléphones mobiles, a de nouveau privilégié cette solution lors d’une conférence téléphonique organisée hier avec les détenteurs de dette du groupe. Rentable, avec près de 20 millions de livres de bénéfices annuels, l’activité d’assurance du groupe devrait d’ailleurs être mise en vente dès la semaine prochaine, a précisé l’administrateur, pour laquelle des repreneurs potentiels auraient été identifiés. D’autres actifs, comme les principaux magasins, pourraient également être cédés à des concurrents.
PwC a rappelé hier qu’en plus des 635 millions de livres de dettes financières, Phones 4u doit 200 millions de livres à d’autres catégories de créanciers et à ses salariés. Or, face à ces dettes, le distributeur ne dispose que de 110 millions de cash dans ses différentes sociétés opérationnelles. La holding de tête elle n’a aucune trésorerie.
Face à ce scénario, les détenteurs de dette tentent de s’organiser pour maintenir la société à flot et préserver au mieux leurs intérêts. Brown Rudnick, le cabinet d’avocats qui représente plusieurs fonds, a indiqué que les porteurs de dette sont prêts à abandonner un montant important de leurs créances pour tenter de redonner de l’air à la société. Ce souffle lui permettrait de renégocier ses contrats de distribution de téléphones mobiles avec Vodafone et EE. En raison du poids de sa dette, Phones 4u n’avait en effet pu répondre aux efforts commerciaux demandés par les opérateurs mobiles cet été au moment de la renégociation des contrats.
Ce projet arrive certainement trop tard, selon l’administrateur PwC. Un abandon de dette partiel contre des actions prendrait plusieurs mois avant d'être finalisé ce qui repousserait d’autant une éventuelle reprise de l’activité de Phones 4u.
Racheté par BC Partners en 2011 pour une valeur d’entreprise de 700 millions de livres, Phones 4u ne peut plus rembourser ses 430 millions de livres de dette d’acquisition et encore moins les 205 millions de livres de dette PIK levés en septembre 2013 pour verser un dividende à BC Partners. La dette senior cotait hier 22 pence tandis que les titres de dette PIK oscillaient entre 1 et 2 pence.
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