Peugeot reste plus que jamais en mode gestion de crise
Le directoire de Peugeot, dont le président Philippe Varin, a renoncé à toute rémunération variable pour 2011. En touchera-t-il pour 2012 ? Le constructeur automobile vient de traverser l’un des plus mauvais trimestres de son histoire et s’attend à un marché encore compliqué dans les prochains mois. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires de la division automobile a plongé de 14%, pour tomber à 9,7 milliards d’euros. Les volumes ont plié de 14,2%, à 790.100 unités.
Outre l’Europe, où les volumes de PSA ont chuté de 20%, ce recul est imputable à l’Amérique latine et à l’Iran où les sanctions internationales ont contribué à faire baisser de 8,1% les ventes de voitures Peugeot en pièces détachées. Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier du groupe, voit tout de même quelques signes positifs par rapport à 2011 : «la situation en termes de prix ne s’est pas dégradée, elle est simplement aussi mauvaise (…). Elle s’améliorera avec le lancement de la Peugeot 208 dès le deuxième trimestre, mais surtout au troisième trimestre avec le plein effet du lancement.»
«Les ventes de PSA ne sont pas pires qu’on le redoutait, mais il y a encore beaucoup d’incertitudes», répond Kristina Church, analyste chez Barclays Capital. «Ils ont dit que le chiffre du free cash-flow serait mauvais cette année, mais la question est : "à quel point ?"», ajoute-t-elle, en référence aux 1,8 milliard d’euros brûlés en 2011. Le nouveau dérapage des ventes maintiendra les résultats de la division automobile dans le rouge fin 2012, après une perte opérationnelle de 439 millions d’euros en 2011. En tenant compte des chiffres du premier trimestre, les analystes d’Oddo s’attendent à une perte de 515 millions d’euros dans l’automobile cette année.
Dans ce contexte, la priorité reste bien à la gestion du cash, via un plan de cessions d’actifs d’un milliard d’euros lancé l’an dernier. Quant à la récente augmentation de capital garantie par General Motors et la famille Peugeot elle pourrait d’abord servir à couvrir les charges du plan de restructuration redouté en Europe et France avant de financer les projets communs des deux groupes.
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