Petrobras essuie sa première perte trimestrielle depuis plus de 13 ans
La faiblesse du real brésilien met Petrobras dans le rouge pour la première fois depuis 13 ans. Le groupe pétrolier public brésilien a en effet essuyé une perte nette de 1,346 milliard de reals (536 millions d’euros) au cours du deuxième trimestre 2012, après avoir dégagé un bénéfice net de 9,214 milliards de reals au premier trimestre, mais déjà en retrait de 16%. Et ceci malgré un chiffre d’affaires en hausse de 10,35% sur un an, à 68,047 milliards. Une mauvaise surprise puisque les analystes du consensus Reuters tablaient sur un résultat positif de 3,7 milliards de reals entre les mois d’avril et de juin, et que le groupe n’avait pas accusé de perte trimestrielle depuis début 1999.
«Le principal facteur qui a eu un impact négatif sur le résultat net est la dépréciation du real contre le dollar», a indiqué le groupe dans son communiqué. La devise a en effet dévissé de 9,1% contre le billet vert au cours du trimestre, et le real est la devise qui a enregistré la plus mauvaise performance depuis le début de l’année parmi les 16 principales devises compilées par Bloomberg. Ce qui a eu pour effet d’accroître le coût d’achat des équipements et services libellés en dollars pour Petrobras. Sans compter que sa dette est libellée en dollars. «Nous nous finançons sur les marchés internationaux, notre exposition au dollar est donc élevée», a ainsi expliqué son directeur financier, Almir Barbassa.
De quoi éclairer sur la volonté de la banque centrale brésilienne de stopper la chute du real, alors que les autorités avaient longtemps souhaité une baisse du real pour permettre à leurs entreprises d’être plus compétitives sur le marché international. Une perte qui «aura un impact» sur le montant du dividende versé aux actionnaires par le groupe brésilien, selon Almir Barbassa.
Mais la chute du real n’est pas seule en cause. Le contrôle des prix du pétrole par le gouvernement brésilien a également pesé sur les résultats de Petrobras, contraint d’acheter son pétrole sur les marchés internationaux au prix de marché, mais de l’écouler sur le marché brésilien à un prix inférieur. Les analystes estiment que le groupe achète les produits distillés 30% plus cher que leur prix de revente sur le marché brésilien. Le gouvernement a longtemps empêché l’entreprise de répercuter la hausse des prix du brut à la pompe dans le but de maîtriser l’inflation, avant de plier avec une hausse du prix de l’essence de 7,83% fin juin.
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