Parfum de fusion chez les géants du papier

L’américain Westrock et l’irlandais Smurfit Kappa discutent d’une union qui donnerait naissance à un ensemble pesant quelque 20 milliards de dollars de capitalisation boursière.
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Les deux spécialistes de l'emballage Smurfit Kappa et Westrock discutent d'une fusion  - 

Le marché s’emballera-t-il pour l’union Smurfit-Westrock ? Point d’offre amicale, ni de bataille boursière en vue, mais la volonté d’une union par fusion pour créer un nouveau «leader mondial de l’emballage durable». Le groupe irlandais Smurfit Kappa a confirmé jeudi mener des discussions avec son concurrent américain Westrock en vue d’une fusion en assemblée générale.

Le cas échéant, ce rapprochement transatlantique entre deux spécialistes du papier et de l’emballage – cartons, ‘bag-in-box’, etc – donnerait naissance à un nouvel ensemble fort de quelque 20 milliards d’euros de capitalisation, rebaptisé Smurfit Westrock.

Smurfit Kappa, qui opère dans 22 pays européens avec 13 autres en Amérique du Sud, centrale et du Nord, est aujourd’hui le leader européen du secteur européen du papier et de l’emballage. WestRock figure sur la deuxième marche du podium aux Etats-Unis.

L’accord offrirait «des portefeuilles complémentaires avec une diversité de produits unique et des capacités innovantes en matière de durabilité, avec une étendue et une profondeur de solutions d’emballage renouvelables, recyclables et biodégradables», fait valoir Smurfit Kappa qui évoque 400 millions de dollars de synergies au terme de la première année de fusion. L’opération, au caractère défensif, permettrait de compenser le contre-choc du Covid, marqué par un repli des volumes demandés d’emballages et par un alourdissement de la facture énergétique. En 2018, Smurfit Kappa avait repoussé à deux reprises une offre de rapprochement d’International Paper.

Le chiffre d’affaires cumulé des deux entreprises a atteint 34 milliards de dollars au cours des douze derniers mois, clos au 30 juin, avec à la clé un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 5,5 milliards de dollars.

Vers un abandon de la cotation en Europe

Alors que les deux groupes mènent actuellement un audit préalable (due diligence) avant que leurs conseils d’administration respectifs ne tranchent, peut-être dès la semaine prochaine, l’opération marquerait un nouveau recul de l’Europe boursière.

Smurfit Kappa, né du rapprochement en 2005 de l’irlandais Smurfit et du néerlandais Kappa est jusqu’à présent coté à Londres, sur le LSE, et à Dublin sur Euronext. Or, le nouvel ensemble serait seulement présent à Wall Street, sur le New York Stock Exchange, en dépit du maintien du siège mondial du nouvel ensemble en Irlande. Les activités du nouveau groupe en Amérique du Nord et du sud verraient leur siège installé à Atlanta.

Plusieurs groupes européens ont annoncé ces derniers mois leur choix de se détourner des places boursières européennes pour privilégier Wall Street. Outre le britannique Arm dont l’actionnaire Softbank a privilégié New York pour la cotation, au grand dam de Londres, les cas de sociétés déjà cotées se sont multipliés, du spécialiste allemand des gaz industriels Linde à l’équipementier italien CNH Industrial, en passant par le cimentier irlandais CRH, par ailleurs en cours d’éviction de l’indice Euro Stoxx 50.

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