Paprec prend position chez Pizzorno
Au moment où Veolia et Suez travaillent à leur mariage, deux challengers du marché français du traitement des déchets engagent aussi un début de rapprochement. Le groupe Pizzorno a annoncé ce mardi l’entrée de Paprec à son capital, à hauteur de 20%. Cette part sera vendue par les actionnaires familiaux majoritaires : madame Pizzorno et sa fille Magali Devalle possèdent ensemble un peu moins de 72% du capital de la société. L’entrepreneur Claude Marquet détient 20%. Le solde est coté sur Euronext Paris.
Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé. Lundi soir, l’action Pizzorno valait 23,40 euros, ce qui valorise le bloc de 20% promis à Paprec 18,7 millions d’euros. Une somme à la portée de Paprec. Le groupe dégage 330 millions d’euros d’Ebitda annuel, en intégrant les récentes acquisitions Cnim O&M et Tiru (Dalkia Wastenergy).
« L’investissement de Paprec vise à doter le groupe d’un nouvel actionnaire long terme, capable de l’accompagner dans son développement au travers d’expertises communes, dans une dynamique de partenariat avec l’équipe dirigeante de la société et les actionnaires familiaux », explique Pizzorno dans un communiqué. Paprec est contrôlé par Jean-Luc Petithuguenin. Un pacte d’actionnaires a été conclu entre Pizzorno et Paprec. Ce dernier bénéficiera d’un siège au conseil d’administration.
Malgré une situation financière saine, avec un ratio de dette nette sur fonds nettement inférieur à 1, Pizzorno avait engagé en décembre 2020 des réflexions stratégiques afin, comme il l’expliquait à l’époque, de « saisir les éventuelles opportunités relatives à l’accélération des préoccupations environnementales, au renforcement de l’économie circulaire et à l’usage des nouvelles technologies ». Avec Paprec, huit fois plus gros que lui en termes de chiffre d’affaires (1,7 milliard d’euros contre 200 millions), Pizzorno aura accès à de nouvelles technologies dans le traitement des déchets. Les deux groupes sont également complémentaires d’un point de vue géographique, Pizzorno est fortement implanté dans le sud de la France, région dans laquelle Paprec s’est peu déployé. Il est également présent dans l’Est et en Ile-de-France. Magali Devalle, présidente de Pizzorno, table sur « un potentiel de synergies significatif », sans le chiffrer.
En mettant un pied au capital de Pizzorno, Paprec s’assure une place de choix. Le groupe de Jean-Luc Petithuguenin bénéficiera d’un droit de préemption en cas de cession de titres par la famille Pizzorno-Devalle. Cette dernière pourra, « si elle le souhaite », céder à Paprec le contrôle de la société.
Plus d'articles du même thème
-
OpenAI s’offre discrètement une start-up de pointe dans la caméra pour smartphone
Glass Imaging, valorisée à plus de 300 millions de dollars lors de la transaction, a été créée par d'anciens employés d'Apple. OpenAI avait déjà acquis la start-up de Jony Ive, autre ex-Apple, pour 6,5 milliards de dollars. -
Face à l’inévitable, le camp allemand se rapproche d’UniCredit
Le ministre des Finances allemand a indiqué avoir eu une discussion constructive avec le patron de la banque italienne, Andrea Orcel. Celui-ci est désormais en mesure de prendre le contrôle de Commerzbank sous certaines conditions. -
Avant d'être racheté par Thales, Exail Technologies publie des résultats en forte progression
Le spécialiste des drones maritimes a vu son Ebitda bondir de 43% au premier semestre. Il devrait être racheté par Thales pour 3,9 milliards d'euros.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
« Un mauvais coup du Premier ministre » : où est passé le projet de loi sur les polices municipales ?
Le texte visant à élargir les pouvoirs des policiers municipaux patiente avant son inscription à l’Assemblée nationale. Le gouvernement reste muet malgré l’impatience du Sénat et des élus locaux. -
PromptitudeIA : l’Europe joue sa survie
Le retard européen est d’autant plus alarmant que l’intelligence artificielle est aussi stratégique – et potentiellement dévastatrice – que l’arme atomique hier -
Changement d'èreDéfense : le gouvernement vise 100 000 recrutements d'ici 2030, sur fond de déclin de l'automobile
L’exécutif souhaite développer le taux d’emploi dans la défense, porté par la nouvelle donne géopolitique. Énième reflet des mutations du tissu industriel tricolore, sur fond de déclin de l'industrie automobile