Orange continue de souffrir de la pression tarifaire en France
Dans son plan «Essentiels 2020», présenté en mars dernier, Orange fait de la croissance de ses revenus sa priorité pour les années à venir, dont la réalisation passera toutefois un point bas en 2015 et 2016. Ses comptes du premier trimestre 2015, publiés hier, en sont l’illustration.
Sur le plan commercial, l’opérateur français se targue d’une «conquête dynamique». Le nombre de clients a progressé de 2,8 millions par rapport au quatrième trimestre 2014 et de 10,9 millions sur un an, soit une augmentation de 4,6% à base comparable.
En France, où il revendique 22,4 millions de clients fin mars, Orange «profite encore de son avantage en termes de qualité du réseau» dans le mobile, relève Oddo Securities: ses ventes nettes de forfaits atteignent 164.000, soit 93% de plus qu’au premier trimestre 2014. Dans le fixe, le haut débit a capté 67.000 nouveaux clients nets, «soit une part de marché en conquête de 25% [contre 11% début 2014, ndlr], ce qui est une belle performance car Orange est traditionnellement mal positionné au premier trimestre», indique Oddo.
Mais cette conquête est notamment le fruit d’une baisse des prix, qui a pesé sur les revenus et les marges du groupe. Son chiffre d’affaires et son Ebitda ont ainsi reculé de 0,9% (à 9,67 milliards d’euros) et de 1,9% respectivement (à 2,92 milliards) à base comparable – des montants toutefois très proches des consensus d’analystes. Les mesures d’économies (71 millions d’euros) ont été insuffisantes pour compenser les investissements nécessaires au développement d’Orange, qui ont crû de 3%, à 1,19 milliard d’euros (soit 12,3% du chiffre d’affaires contre 11,8% un an plus tôt). Les investisseurs ont exprimé leur déception: le titre a perdu 4,89% hier, à 14,67 euros.
L’arrivée de l’opérateur économique Free/Iliad sur le mobile en France a placé les acteurs historiques sous pression. Le revenu moyen par abonné d’Orange a encore reculé au premier trimestre (-6,4%), mais la baisse est moindre qu’au quatrième trimestre (-7,2%). Si l’on peut y voir un élément rassurant – d’autant plus que le taux de désabonnement atteint un plancher depuis 2010 (à 14,2%) – Kepler Cheuvreux souligne «qu’Orange doit encore relever des défis sur son marché national. Alors que les marchés montrent des signes de redressement, la France reste difficile». Les perspectives sont en effet incertaines: «nous sommes toujours dans l’expectative d’une possible initiative d’Iliad», estime Raymond James.
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