Orange compte renouer avec la croissance en renforçant ses investissements
Orange entend utiliser le très haut débit pour accroître ses revenus à moyen terme en transformant sa relation client. En présentant hier son nouveau plan stratégique «Essentiels 2020», l’opérateur télécoms a annoncé 15 milliards d’euros d’investissements dans ses réseaux fixes et mobiles d’ici 2018, avec l’objectif de tripler le débit moyen de ses clients en matière de données.
En France, il compte faire passer le nombre de logements raccordables à la fibre de 3,6 millions à 12 millions sur la période et vise sur les marchés européens une couverture mobile 4G supérieure à 95% à cette échéance.
Un numéro de service client unique sera mis en place dès l’an prochain et 40 mégastores seront ouverts en moins de quatre ans sur le marché français. Pour sa clientèle d’entreprises, il vise une hausse de dix points de la part des services IT dans les revenus de sa filiale Orange Business Services à l’horizon 2020. Il veut également réaliser dès 2018 plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les objets connectés et les services financiers sur mobile. Ce dernier segment ciblera les transferts d’argent en Afrique et au Moyen-Orient, tandis qu’en Europe le groupe privilégiera le paiement sans contact et la banque sur mobile.
Orange anticipe pour son activité l’atteinte d’un point bas en 2016, son chiffre d’affaires à l’horizon 2018 devant être supérieur aux 39,45 milliards d’euros dégagés l’an dernier. Son excédent brut d’exploitation (Ebitda) retraité devrait comme prévu toucher un point bas cette année à environ 12 milliards. Si le groupe anticipe 3 milliards d’économies brutes supplémentaires entre 2015 et 2018, «la fin du contrat d’itinérance avec Iliad et la migration des clients ADSL de SFR sur le réseau Numericable devrait avoir un impact négatif d’environ un milliard d’euros sur l’Ebitda d’Orange d’ici 2018», commentent les analystes de Raymond James, en ajoutant que l’accent mis sur les investissements pourrait aussi peser sur son cash-flow libre.
L’opérateur télécoms annonce néanmoins le maintien d’un ratio de dette nette sur Ebitda retraité de 2 fois à moyen terme (2,1 fois en 2014) et celui d’un dividende annuel de 0,60 euro par action sur la période 2015-2018, sans exclure une progression du dividende en fonction de l’évolution de sa performance opérationnelle. Il favorisera par ailleurs l’actionnariat salarié, afin que celui-ci atteigne à terme 10% du capital.
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