Numericable-SFR économise au détriment de la conquête de clients
Si la réputation d’économe qui précède souvent Patrick Drahi, le premier actionnaire de Numericable-SFR, devait encore être démontrée, les résultats trimestriels de l’opérateur de télécoms constitueraient une preuve éclatante. Malgré une baisse de 4,6% du chiffre d’affaires du groupe au premier trimestre, à 2,74 milliards d’euros, son Ebitda a bondi de 21% à 930 millions d’euros. La marge atteint ainsi 34% contre 26,8% un an auparavant. Et la direction se dit en mesure de la porter à 45% à moyen terme, 5 points de mieux qu’annoncé lors de la fusion entre Numericable et SFR.
Tous les leviers permettant de réaliser des économies ont été activés: frais généraux, maintenance technique, centre d’appels, services informatiques… Se plaignant de la brutalité de la méthode et face à la montée des factures en souffrance, plusieurs sous-traitants avaient récemment saisi le médiateur inter-entreprise. Un accord a été trouvé entre l’opérateur et le Syntec Numérique, qui représente les groupes de services informatiques. Ils peuvent constater dans les chiffres de l’opérateur la matérialisation des rabais demandés.
Ces efforts ne seront pas relâchés. Au contraire. Encouragé par l’ampleur des «synergies» et la rapidité à laquelle elles se sont concrétisées, Numericable-SFR estime désormais être en capacité de «dépasser» le montant brut annuel, initialement fixé à 1,1 milliard d’euros, d’ici à la fin de 2017. Après quelques mois d’intégration, le groupe est déjà sur «un rythme de synergies annualisé de 800 millions d’euros», calculent les analystes d’Oddo Securities.
La matérialisation de ces synergies était cruciale pour Numericable-SFR. D’une part pour assurer le remboursement de la pile de dette constituée pour payer SFR. A la fin du premier trimestre, la dette nette s’élevait à 11,2 milliards d’euros, soit 3,3 fois l’Ebitda. Fin 2014, le ratio de levier était de 3,6 fois. D’autre part, ces synergies doivent servir à crédibiliser un peu plus les ambitions d’expansion de Patrick Drahi et ses visées sur Bouygues Telecom.
Aujourd’hui dans sa phase économies, la direction de Numericable-SFR devra néanmoins démontrer rapidement sa capacité à relancer le chiffre d’affaires. Le groupe a perdu 444.000 abonnés dans la téléphonie mobile et 57.000 dans l’ADSL au premier trimestre. Eric Denoyer, le directeur général de l’opérateur, a promis une inversion de tendance dans les prochains mois.
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