Nokia s’apprête à acquérir les réseaux mobiles d’Alcatel-Lucent
Récurrente depuis dix-huit mois, la rumeur de rapprochement entre Nokia et Alcatel-Lucent semble prendre corps cette fois-ci, sous une forme allégée. L’équipementier en télécoms finlandais pourrait annoncer dès cette semaine l’acquisition de l’activité de réseaux mobiles de son concurrent franco-américain, indiquent Les Echos et Bloomberg, citant des sources concordantes.
«Si une acquisition complète a été envisagée, l’achat des activités mobiles reste le scénario le plus probable», indique l’agence de presse américaine. Contacté, le groupe de Boulogne-Billancourt n’a pas souhaité faire de commentaire.
Les réseaux mobiles d’Alcatel-Lucent, qui développent des technologies 3G et 4G pour les opérateurs de téléphonie, ont réalisé 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014 – soit 36% des revenus du groupe. L’activité est valorisée un peu moins de deux milliards d’euros par les analystes, rappelle le quotidien économique. Nokia aurait les moyens de payer cette somme si, comme l’indiquait Bloomberg vendredi dernier, il parvenait à vendre sa filiale de cartographie Here, valorisée deux milliards également. Le Finlandais, qui a abandonné le fixe, se renforcerait en Chine et auprès des deux grands opérateurs américains Verizon et AT&T.
De l’autre côté, l’opération, si elle se faisait, permettrait au groupe dirigé par Michel Combes de se recentrer sur les activités plus rentables de cœur de réseaux (45% de ses revenus) et les technologies IP, alors que les réseaux mobiles sont en cours de restructuration dans le cadre du plan Shift, lancé en 2013.
Même si les deux protagonistes arrivaient à un accord, le risque d’exécution resterait important tant le sujet est politique. L’Etat – notamment le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg – s’était penché au chevet d’Alcatel-Lucent début 2013, au plus fort de ses difficultés, craignant notamment la perte des brevets du groupe. Les sujets de l’emploi et de la recherche en France sont autant de pierres d’achoppement. L’activité de réseaux mobiles emploie 2.000 personnes dans l’Hexagone.
Cela, Nokia ne l’ignore pas. C’est pourquoi, selon Bloomberg, Nokia tente d’obtenir le blanc-seing du gouvernement. Signe que ce dernier n’aurait pas d’opposition de principe à une solution finalement européenne, l’administration plancherait, avec l’aide de conseils, sur une transaction qui préserverait un maximum d’emplois dans la recherche, ont indiqué plusieurs sources à l’agence de presse.
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