Nexans jette officiellement l’éponge sur Draka
C’est officiel, Nexans renonce. Alors que durant les dernières heures certains analystes avaient évoqué l’hypothèse d’une entente entre Prysmian et Nexans pour contrer l’offre du chinois Xinmao sur Draka, le groupe français a annoncé hier soir dans un communiqué «son intention, au vu des circonstances actuelles, de ne pas déposer de document relatif à une offre».
Il est vrai que seul ou à deux le pas à franchir était important. Nexans avait proposé 731 millions d’euros pour le rachat de Draka. Mais ses concurrents ont mis la barre bien plus haut avec 840 millions offerts par Prysmian et un milliard par Xinmao.
Si l’annonce de Nexans a le mérite de retirer un prétendant de la liste, elle est pour autant loin de sceller le sort de Draka. Au moment de l’irruption du chinois dans le dossier, nombre d’observateurs sont restés dubitatifs. D’autant que Draka avait juste auparavant décidé, en accord avec son principal actionnaire, d’avaliser la proposition de Prysmian.
Mais depuis, la cible néerlandaise a aussi accepté de discuter avec le chinois. «Le communiqué de Draka donne plus de crédit à l’offre de Xinmao», écrivait hier en réaction le bureau néerlandais SNS Securities. Histoire de prouver un peu plus son sérieux dans cette affaire, le groupe chinois a par ailleurs laissé entendre hier qu’il avait le soutien de l’une des principales banques chinoises pour financer l’opération.
Dans ces conditions, la probabilité d’une bataille entre Prysmian et Xinmao s’est sans conteste accrue, d’aucuns estimant que laisser Draka à son prétendant chinois pourrait faire peser un risque de guerre des prix dans le secteur. Ceci dit, tous les analystes ne semblent pas prêts à jouer le scénario d’une lourde surenchère sur Draka.
Notant l’accent mis par le chinois sur ses projets dans la fibre optique, SNS Securities ajoute que «son communiqué de presse suggère que Xinmao est principalement focalisé sur la croissance en Chine et en Asie et qu’il n’a finalement pas l’intention de déclencher une guerre des prix sur les autres marchés».
D’après le bureau d’analyse, ne pas chercher à surenchérir sur l’offre du chinois pourrait donc être pour Prysmian une option rationnelle d’un point de vue défensif et stratégique. D’autant qu’une surenchère nécessiterait un appel au marché.
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