Nestlé réorganise pas à pas son portefeuille de marques
Petit à petit, le mouvement de reconfiguration du portefeuille de marques de Nestlé prend forme. Le numéro un mondial de l’alimentation a officialisé hier l’ouverture de négociations exclusives pour vendre sa filiale française de plats surgelés Davigel au britannique Brakes Group. Ce dernier est détenu par Bain Capital. Nestlé ne donne aucune indication sur le montant de l’opération. Il est estimé entre 200 et 300 millions d’euros, soit moins de 0,5 fois le chiffre d’affaires de Davigel, une valorisation «faible», selon les analystes de Natixis, qui considèrent toutefois l’opération comme une «bonne nouvelle» opérationnelle.
Le but de l’opération n’était pas financier pour Nestlé. Face à la décélération de sa croissance, le groupe suisse s’est lancé fin 2013 dans un vaste chantier visant à faire le tri dans son portefeuille de marques. Un chantier de longue haleine. Davigel est la troisième cession depuis le début de l’année, après ses glaces en Afrique du Sud et sa marque de plats cuisinés surgelés La Cocinera. En 2014, Nestlé avait également vendu PowerBar et Juicy Juice. L’objectif est de concentrer les ressources du groupe sur les segments qui affichent les meilleurs retours sur capitaux investis, à savoir la nutrition, la santé et le bien-être.
Dans ce cadre, Davigel, qui fournit des plats préparés et glaces aux restaurants et hôpitaux, ne faisait clairement plus partie des priorités de Nestlé. Brakes Group compte s’appuyer sur Davigel pour se renforcer en France et entrer sur les marchés belge et espagnol. Il bénéficiera également des droits de distribution des crèmes glacées Nestlé sur le marché «hors domicile» en France, une catégorie qui comprend les restaurants.
Selon les analystes de JPMorgan, le travail de Nestlé est encore loin d’être achevé. Ils identifient pas moins de 11 milliards de francs suisses d’activités qui ne respectent pas les critères financiers de Nestlé, soit plus de 10% du chiffre d’affaires annuel du groupe. En les retirant du portefeuille, Nestlé gagnerait 120 points de base de marge opérationnelle, estiment-ils, et porterait son taux de croissance organique à 5,5% contre 4,5% attendu pour 2015. Nestlé publiera vendredi son chiffre d’affaires pour le premier trimestre. Le consensus table sur une croissance organique de 4,1%.
Plus d'articles du même thème
-
Batipart s'active sur un marché immobilier au ralenti
En un an, le groupe familial a déployé près d'un milliard d'euros en acquisitions, dont celle de l'hôtel Pullman Tour Eiffel, et levé 1,3 milliard de financements hypothécaires. En se montrant opportuniste. -
Apple devra faire ses preuves dans l'IA pour conserver les faveurs de Wall Street
En retrait sur le sujet de l'intelligence artificielle, le groupe à la pomme est moins exposé que les autres géants de la tech aux incertitudes qui entourent le secteur. Il reste néanmoins attendu sur sa capacité à intégrer l'IA dans ses futurs produits. -
Revolut dévoile son offre sur les marchés privés
La néobanque britannique s'allie avec quatre gérants internationaux, Apollo, Ares, Hamilton Lane et Partners Group, pour distribuer des fonds Eltif 2.0 sur ses marchés européens dont la France, avec des tickets minimums à partir de 1 euro.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreRetraites : le courage de sortir des faux débats et de proposer de vraies solutions
La question fondamentale est d’une simplicité désarmante : comment financer durablement un système de retraite par répartition lorsque nous vivons toujours plus longtemps et que le nombre d’actifs par retraité diminue continuellement ? -
Dernière minuteReprise de Fibre Excellence : l’échec de Matthieu Pigasse et le mystérieux nouveau candidat
L’offre de reprise de Fibre Excellence déposée par Matthieu Pigasse a été rejetée par le tribunal de commerce, mais une nouvelle offre, uniquement pour l’une des deux usines du groupe industriel, a été déposée à la dernière minute -
Ambassadeur convoqué pour « ingérence » : ce qu’il faut savoir des tensions diplomatiques entre la France et l’Iran
Téhéran a dit lundi avoir convoqué l’ambassadeur de France après l’arrestation de deux diplomates accusés d’avoir « interféré dans les affaires intérieures » de l’Iran.