Minerals Technologies s’offre le luxe de relever sa contre-offre sur Amcol
La bataille pour le rachat d’Amcol, leader mondial de la bentonite, ne faiblit pas. Lundi soir, Minerals Technologies a officiellement fait une offre à 42,50 dollars par action. Soit 3,7% de plus que l’offre initiale d’Imerys de 41 dollars par titre. Si l’action Amcol a clôturé trois séances consécutives au-dessus des 45 euros, elle retombait sous cette barre hier.
Après avoir obtenu un engagement de financement de la dette nécessaire au rachat d’Amcol, Minerals Technologies a adressé une offre en cash légèrement au-dessus des 42 dollars annoncés initialement le 14 février dernier. Les due diligences ont permis une «compréhension plus profonde des synergies potentielles» permettant le relèvement du prix offert, explique le groupe américain. Il juge l’opération immédiatement relutive, hors coûts liés à l’acquisition. Minerals Technologies, conseillé par Lazard, met en avant la complémentarité des métiers des deux groupes, opérant sur les mêmes zones géographiques, et a identifié des opportunités de croissance significative pour le nouvel ensemble grâce à de nouveaux produits innovants et à une expansion géographique sur une période de cinq ans.
Ayant reçu cette nouvelle proposition «non sollicitée», Amcol rappelle avoir signé un accord définitif de fusion avec Imerys et précise que cette nouvelle proposition est conditionnée à l’obtention du financement nécessaire. S’il n’est pas obtenu, Minerals Technologies s’engage à verser une indemnité de rupture à Amcol.
La législation de l’Etat du Delaware prévoit bien que la cible accepte la «meilleure offre», mais il ne s’agit pas nécessairement de celle offrant le prix le plus élevé. «Il ne peut y avoir aucune assurance que le conseil d’Amcol juge la proposition de Minerals Technologies supérieure à l’accord avec Imerys», précise Amcol dans un communiqué. Le conseil de la cible se réunira prochainement pour se prononcer sur l’offre de Minerals technologies et en attendant continue à recommander l’offre d’Imerys.
Le groupe français de minéraux de spécialités attend l’avis du conseil d’Amcol pour convoquer ses administrateurs et prendre position. Soit il maintient son offre, soit il la relève. Néanmoins, de nombreux analystes ont déjà souligné que le prix était élevé, et que pour créer de la valeur au niveau actuel, il faudrait un gisement élevé de synergies. La balle est dans le camp d’Imerys.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester