Microsoft retient une solution maison pour renouveler sa gouvernance
A l’issue d’un processus de cinq mois, qui aura associé plus d’une centaine de candidats, Microsoft a officialisé hier la nomination avec effet immédiat de Satya Nadella au poste de directeur général. Agé de 46 ans, ce fin connaisseur d’un groupe qu’il accompagne depuis vingt-deux ans occupait dernièrement la fonction de vice-président exécutif chargé de la division «cloud et entreprises». Il remplace Steve Ballmer qui avait fait part l'été dernier de son intention de prendre sa retraite.
Parallèlement à la montée en grade de Satya Nadella, le cofondateur et premier actionnaire individuel de Microsoft, Bill Gates, adapte son implication dans l’entreprise. Il quitte le fauteuil de président du conseil d’administration, transmis à John Thompson (ex-Symantec), pour occuper celui de conseiller en technologie. Bill Gates «consacrera plus de temps à la société, épaulant Nadella dans l'élaboration de la technologie et de la trajectoire des produits», souligne le groupe dans un communiqué.
Après plus de trois décennies aux premières loges, le duo Gates-Ballmer cède la place à une nouvelle équipe chargée d’accélérer la transition vers «un monde mobile et le cloud» et de progresser dans l’innovation, selon les termes employés par Satya Nadella dans un courriel adressé aux salariés. Une forme d'évolution en douceur, alors que le groupe doit digérer l’acquisition contestée des activités mobiles de Nokia.
Kirk Materne, analyste d’Evercore, estime que l’expérience de Satya Nadella, qui peut faire valoir en outre une double qualification (ingéniérie informatique et MBA), va lui permettre d’exploiter pleinement les opportunités que représentent Azure et Office 365, des plates-formes et solutions cloud. «80% de la valeur de Microsoft réside dans la partie entreprises et cela n’est pas valorisé de cette manière aujourd’hui. La partie consommateurs de l’activité attire une attention disproportionnée», souligne de son côté Todd Lowenstein, gérant chez HighMark Capital Management.
Un autre défi de Satya Nadella consistera également à nouer une relation constructive avec les investisseurs, une donnée importante pour un groupe qui affiche une capitalisation boursière de presque 315 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester